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Voix de l’empereur (La), tome 2 : Le Poignard et la Hache
Nabil Ouali
Mnémos, Dédales, roman (France), fantasy, 247 pages, novembre 2015, 21€

Relire la chronique du tome 1 : « Le Corbeau et la Torche »

La nature du Prince Elin n’est plus un secret pour Adamant. Il tient là de quoi abattre l’Empire. Reste à trouver le moyen. Privé de son Héraut Frimas, Elin est bien seul. L’arrivée de la mystérieuse Tara, excellente combattante, lui permet de reformer un duo solide.
Glawol, sous couvert de sa nomination comme évêque de Fervadora, est envoyé à Lamborre, capitale du royaume-saint, et éloigné d’Elin.
Le Mal se révèle alors. Assassins tout d’abord, que les proches de l’Empereur devront contrer, puis les traitres qui se dévoilent au grand jour, fort de leur nombre et de leur puissance pour submerger cet Empire qu’ils ont eux-mêmes miné.



Relire la chronique du tome 1 : « Le Corbeau et la Torche »

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Couverture1


Que dire qu’à la lecture du tome 1 vous ne savez déjà ? Je m’efforcerai d’être succinct : la plume de Nabil Ouali ne s’est pas affadie dans ce second volume, le jeune auteur manie toujours les mots avec délicatesse, l’ensemble de son histoire, des actes héroïques aux actions les plus barbares, semble contée avec une douceur permanente, un détachement dépassionné, à l’image du caractère de Frimas. Tara, Elin, Gweleth, malgré quelques émotions, s’efforcent de rester de marbre, intériorisent beaucoup, et leurs rares « débordements » n’en sont que plus extrêmes à lire, comme un coup d’échecs audacieux dans une partie jusqu’alors jouée en défense.

Elin dans le salon (p. 182, digne des soirées « quand les enfants sont couchés » des Imaginales), Tara qui prend la Hache, l’assaut de Lorgeam... Nabil Ouali nous offre quelques morceaux de bravoure flamboyants, et quelques petits retournements peut-être attendus mais néanmoins savoureux, dont la lecture donne le frisson. Ainsi, p. 185, lorsque tout semble perdu, le chancelier Adamant clamant à haute voix la « traîtrise » d’Elin :
« Monseigneur, souffla Jerik, nous sommes sa garde, ses chevaliers dévoués. Croyez-vous que nous l’ignorons ? »

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4e


Sur le fond, si le remplacement de Frimas par Tara est acté, la jeune femme prenant la relève sans démériter, on notera la place désormais plus importante de Ma’zhir, dont l’errance permet un autre regard sur les préparatifs de guerre et annonce une lutte contre un autre ennemi, monstrueux, dont on avait perçu les prémices aux côtés d’Artelas. Si le royaume se relève de son ébranlement interne, il devra aussi abattre ce monstre venu d’ailleurs. Adroit mélange entre un mal humain de masse et un monstre unique.
L’adversaire principal reste le clergé, imbu de lui-même, instrumentalisant les croyants, corrompant ses alliés. L’empire est fracturé, les conséquences seront lourdes.

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texte


Tout comme le précédent, porté par le rythme du texte, j’ai lu lentement « Le Poignard et la Hache », savourant chaque chapitre, appréhendant les dernières pages avec l’arrière-pensée qu’il faudra patienter un an avant de lire la suite. Mais contrairement aux innombrables page-turners de fantasy souvent aussi vite lus qu’oubliés, « La Voix de l’Empereur » s’avère définitivement une lecture marquante, livrée dans un écrin à sa mesure.


Titre : Le Poignard et la Hache
Série : La Voix de l’Empereur, tome 2
Auteur : Nabil Ouali
Couverture : Atelier Octobre Rouge
Éditeur : Mnémos
Collection : Dédales
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 247
Format (en cm) : 24,2 x 16,3 x 3
Dépôt légal : novembre 2015
ISBN : 9782354083380
Prix : 21 €



Nicolas Soffray
25 décembre 2015






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