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YozoneLittérature Critiques

Échopraxie
Peter Watts
Fleuve, roman traduit de l’anglais (Canada), Science Fiction – Hard Science, 388 pages, juin 2015, 22,50€

Dans un futur pas si lointain, les humains ont évolué, ce qui était prévisible. Hyper connecté, technologiquement augmenté, les possibilités sont multiples, presque infinies et les humains de souche se font rares. Dans un monde en sursis, un contact extraterrestre aussi bref que perturbant avait réussi, un temps, à regrouper l’espèce humaine sous la menace commune et des vaisseaux ont été construits, dont un, le plus avancé, le Thésée, file en dehors du système solaire.


« L’échopraxie, ou échokinésie, est une tendance involontaire spontanée à répéter ou imiter les mouvements d’un autre individu. La plus connue est le bâillement mais elle se rencontre également dans de nombreux troubles psychiatriques et neurologiques tels que l’autisme, la schizophrénie. Ces comportements sont partiellement dépendants de l’état de vigilance et de la concentration. (wikipedia) »

Si le trouble annoncé par Peter Watts est facile à comprendre, la raison de son utilisation comme titre est déjà beaucoup plus aléatoire, d’autant plus que le phénomène d’échopraxie n’arrive, comme un chien dans un jeu de quille, qu’à la toute fin de l’ouvrage.
Mais tout d’abord, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, présentons Peter Watts. Docteur en biologie marine, l’homme est né en 1958 au Canada. Son premier roman, « Starfish », a été publié en 1999. Dans tous ses romans, que ce soit la série des « Rifteurs » ou celle à laquelle appartient « Échopraxie », cet amateur de science-fiction met systématiquement en scène des êtres humains aux propriétés augmentées à l’aide de manipulations génétiques ou d’opérations chirurgicales. Et, bien sûr, « Échopraxie » ne fera pas exception.
Pour information, « Vision Aveugle », sorti en France en 2009, est complémentaire à cet ouvrage et vous permettra peut-être de mieux saisir les différentes modifications « post-humaines » sur lesquelles j’ai été assez rapidement perdue, ce qui a grandement nui à l’impression générale offerte par le roman. Et ce d’autant plus que Peter Watts a une très légère tendance à noyer son lecteur sous un flux anarchique de détails mais présentant très peu d’explications.

Le scénario d’« Échopraxie » n’est pas très compliqué en lui-même, Daniel Brücks, biologiste de terrain en congé sabbatique, campe un être humain dit de souche, c’est-à-dire ne bénéficiant que du minimum d’extension. Seul, dans le désert de l’Oregon, il a placé son campement à proximité d’un monastère bicaméral. Une nuit, il se retrouve piégé par une attaque zombie et est obligé d’aller chercher refuge au monastère. Une seconde attaque, microbiologique celle-ci, touchant uniquement les bicaméraux, humains recâblés en esprit de ruche doté d’une intuition qui frise la précognition, force ces derniers à embarquer à bord d’un vaisseau spatial, mi-canot de sauvetage mi-piège, où viennent à cohabiter des bicaméraux, une humaine spécifique modifiée pour leur servir d’interface et de traducteur, une pilote en quête de vengeance, un soldat étrangement modifié, notre humain de souche mais aussi une partie de l’armée zombie et leur chef, une vampire particulièrement douée. Tout ce petit monde part, bon gré mal gré, à la recherche d’une entité extraterrestre intelligente que les bicaméraux nomment les Anges des Astéroïdes.
C’est au cours d’un arrêt ravitaillement sur Icare, sorte de génératrice hyper-puissante qui assure 20 % de l’énergie terrestre, que les choses vont finalement dégénérer. Le retour sur Terre ne se fera pas sans difficultés et le monde que nos héros vont retrouver ne sera plus tout à fait celui qu’ils ont quitté.

Si le pitch est particulièrement intéressant, « Échopraxie » souffre d’une lenteur limite catatonique sur tout le voyage aller, qui fait pourtant 120 pages. Si l’ouvrage commence réellement à devenir intéressant à partir de l’arrivée sur Icare, il aura quand même fallu s’accrocher jusqu’à la page 200 environ. Non que la mise en place de l’histoire ne soit pas intéressante mais, comme dit plus haut, un lecteur étranger à l’univers de Peter Watts se trouvera englouti dans une terminologie absconse et avec à peine le minimum vital d’information nécessaire à la compréhension du scénario. Par ailleurs, l’écriture est saccadée, alternant les passages prenants d’une belle fluidité et les moments lourds que l’on a envie de lire en diagonale pour passer à la suite, ce qui est fortement déconseillé car ce sont en général les passages où le lecteur pourra tenter de grappiller quelques informations sur le monde dans lequel vit Daniel Brüks.

« Échopraxie » est un ouvrage au fond intéressant, mais à la forme finalement un peu décevante. Il n’en reste pas moins que Peter Watts semble avoir de très bonnes idées pour ses scénarios, et c’est déjà une bonne chose.


Titre : Échopraxie (Echopraxia, 2014)
Auteur : Peter Watts
Traduction de l’anglais (Canada) : Gilles Goullet
Couverture : Philippe Jozelon
Éditeur : Fleuve
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 388
Format (en cm) : 15,5 x 24 x 2,5
Dépôt légal : juin 2015
ISBN : 9782265090378
Prix : 22,50 €


Peter Watts sur la Yozone :
- « Vision aveugle »
- « Starfish »
- « Béhémoth »



Emmanuelle Mounier
23 janvier 2016







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