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Ombre inca (L’) (T1) L’offrande
Benoit Roels
Delcourt

Léa, jeune fille de 13 ans vivant à Lyon et d’origine péruvienne, fait toutes les nuits le même songe qui se finit tragiquement. À chaque fois, elle se réveille en sursaut quand un homme tombe dans un précipice. Pour elle, les personnes qu’elle voit dans son rêve sont des Incas.
Si elle en parle avec une psychologue, les rapports avec sa mère d’adoption sont plus tendus. Pourtant, elle est très bonne élève, tout devrait aller pour le mieux, mais la question de ses origines et la séparation de ses parents s’avèrent épineuses. Un matin, sous le coup de l’énervement, un stupide accident la plonge dans le coma et l’immerge dans son rêve...



Avec ce premier tome de “L’ombre inca”, Benoit Roels se charge de tous les postes. Son récit voit le choc de deux civilisations, la notre et celle disparue des Incas du temps de la conquête espagnole. Sa construction s’avère très habile et bien menée, car il introduit le passé à travers les songes de Léa.
L’album débute du temps des conquistadors, puis le présent se révèle au lecteur qui a fait fausse route jusqu’alors, avant d’être replongé dans l’empire inca. Les onze pages d’intermède situant la bande dessinée dans l’époque actuelle apportent un tout autre regard sur l’ensemble. Quel est le lien entre les deux périodes ? Léa y joue un rôle, mais lequel ? Par quel magie, a-t-elle accès à ces épisodes du passé semblant réels ? Bien des questions s’imposent ainsi.

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Benoit Roels nous emporte dans l’histoire se déroulant du temps de l’empereur Atahualpa, enlevé par les Espagnols qui ont demandé une énorme rançon pour sa libération, mais son paiement ne les a pas empêchés de le tuer. Son général Chalcuchimac est emprisonné mais peut charger le messager Kito d’une mission de la plus haute importance. Au passage, ce dernier doit amener les deux filles du général.
Il est alors très facile d’oublier Léa au profit d’Iloa, la plus jeune fille de Chalcuchimac. Bien sûr, en conclusion, l’auteur nous donne une piqûre de rappel. Le lecteur retrouve en dernière page la réalité, même si l’autre lui apparaît aussi tangible et bien plus prenante, car inscrite dans l’Histoire.
Si la civilisation inca fait rêver, certains côtés sont bien peu reluisants et l’auteur les met en avant d’habile manière. Il offre au passage un autre regard sur la mission de Kito qui s’est fait manipuler. Il y a franchement de quoi être surpris, mais cela remet la période dans son contexte.

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Si l’histoire s’avère très prenante, ainsi que surprenante par certains côtés, Benoît Roels nous interpelle aussi par son parti pris visuel en choisissant la couleur directe. Le procédé s’avère ici du meilleur effet. La colorisation directe n’apporte pas forcément la même profondeur que par ordinateur, mais elle n’en est que plus attachante. Le lecteur éprouve peut-être plus l’envie de s’attarder sur chaque case pour en saisir la richesse, à l’image d’un tableau que l’on admire.
Rien que feuilleter l’album s’avère un plaisir pour les yeux, à la hauteur du récit qui nous fait passer par des hauts lieux de la culture inca, sans se voiler la face sur l’inhumanité de certaines coutumes.

Seul aux commandes, Benoit Roels signe avec “L’offrande” une très belle bande dessinée. Il nous promène entre présent et passé pour nous plonger dans un épisode fascinant de notre Histoire, magnifiquement mis en images.
À suivre !


(T1) L’offrande
- Série : L’ombre inca
- Scénario, dessins & couleurs : Benoit Roels
- Éditeur : : Delcourt
- Collection : Machination
- Dépôt légal : 22 avril 2015
- Format : 24 x 32 cm
- Pagination : 48 pages couleurs
- Numéro ISBN : 978-2-7560-4218-3
- Prix public : 14,50 €


© Delcourt, Roels - Tous droits réservés



François Schnebelen
27 novembre 2015






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