YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Seul sur Mars
Andy Weir
Milady, collection Imaginaire, traduit de l’anglais (États-Unis), science-fiction, 471 pages, octobre 2015, 7,90€

Il n’y a pas que le cyberpunk ou l’ex-nouveau space-opera dans la vie, mais aussi la bonne vieille science-fiction classique. Le thème ? Un astronaute laissé pour mort sur la planète Mars et qui, seul, s’obstine à survivre à l’aide des débris de la station martienne et des autres bricoles des premiers âges, comme les toutes premières sondes d’exploration. Ça ressemble à un scénario de l’âge d’or, mais le lecteur est happé dès les premiers chapitres.



Ingénieur et spécialiste en botanique, Mark Watney n’est pas précisément du genre dépressif. Cela tombe bien, car lorsqu’après une tempête de sable cataclysmique et une évacuation en catastrophe de l’unique station martienne Arès 3, il se retrouve seul, laissé pour mort, sur la fameuse planète rouge, il faut un mental à toute épreuve pour avoir ne serait-ce que l’idée que tout n’est peut-être pas foutu.

Mark Watney est en sus du genre méthodique. Les problèmes, ça le connaît. L’oxygène d’abord, la nourriture ensuite. Et tout le reste, ce qui fait quand même beaucoup. Pour cela, il faut s’organiser, planifier, bricoler, anticiper. En toute logique, il est foutu quand même. Mais l’insoluble ne lui fait pas peur. Il sait que les bonnes idées finiront par venir. En dormant au besoin – rien n’a jamais empêché Watney de dormir.

Une lueur d’espoir : une mission Arès 4 est prévue, le Véhicule d’Ascension Martienne, déjà en place à une distance (pour d’autres) inaccessible, grâce à des réactions chimiques et à l’atmosphère de la planète, fabrique – lentement – son propre carburant. Reste à gagner ce site, pour remonter en orbite jusqu’au vaisseau Hermès lors de son retour. Il faudrait déjà trouver moyen de communiquer avec la terre pour qu’on se décide à lui envoyer ce vaisseau.

Jamais à court d’idées de génie, Watney parvient à établir le contact. Il a désormais quelques milliards de personnes avec lui – certains devraient l’aider à trouver les idées suivantes. Mais cela devenait trop facile : les communications tombent en rideau, et Watney se retrouve à la case départ. Déprimer, lui ? Vous plaisantez.

On n’en finirait pas de décrire les péripéties qui attendent notre astronaute. Avec un talent véritablement peu ordinaire, l’auteur maintient en permanence le doute, réinjecte sans cesse du suspens par une incroyable accumulation de projets, d’idées, de bricolages avortés, d’échecs, de réussites partielles, le tout restant, au final, bien plus crédible et infiniment plus dense que le « Gravity  » d’Alfonso Cuaron. Ce sont des trouvailles à chaque chapitre, et une narration tendue qui emporte avec elle le lecteur.

Avec beaucoup de flair, Bragelonne avait édité ce volume l’an dernier en grand format dans sa collection « thrillers ». Nous en avions fait une chronique détaillée, qui révèle sans doute quelques-uns des détails du film que Ridley Scott en a tiré, et qui sort en ce moment sur les écrans. Mais que l’on choisisse de voir ou non le film, nous recommandons fortement la lecture de « Seul sur Mars », ni scénario ni novélisation mais véritable roman. Un roman qui fait pleinement honneur au genre et méritait d’être adapté par un grand nom du cinéma.


Titre : Seul sur Mars (The Martian, 2011-2014)
Auteur : Andy Weir
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Nenad Savic
Couverture : Twentieth Century Fox
Éditeur : Milady
Collection : Imaginaire
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 471
Format (en cm) : 11 x 18
Dépôt légal : octobre 2014
ISBN : 9782811215729
Prix : 7,90 €



Une chronique plus complète sur la Yozone :

- « Seul sur Mars » dans sa version grand format chez Bragelonne


Hilaire Alrune
3 novembre 2015






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