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Levius (T1)
Haruhisa Nakata
Big Kana

Le monde n’est plus ce qu’il était. La terrible guerre qui ravagea tous les continents a laissé de nombreuses traces et provoqué bien des tragédies. Au XIXe siècle de la nouvelle ère, les humains ont su fusionner leur corps avec des mécanismes. C’est ainsi que la guerre prit un terrible tournant avec l’apparition d’hommes améliorés. Mais en l’an 1842, la paix est revenue. Le jeune Levius a été recueilli par son oncle après la terrible tragédie que sa famille a subie. Non seulement son père est décédé sur le champ de bataille, mais sa mère a été gravement blessée en voulant le protéger. Levius a perdu son bras droit durant cet événement alors que sa mère tombait dans le coma. Zack n’est pas vraiment un oncle aimant, en fait, sa relation avec son frère était plutôt tendue car ce dernier avait porté l’opprobre sur la famille en s’engageant dans le camp des rebelles. Mais son neveu n’a rien à voir avec son père. Plus intelligent mais également très renfermé sur lui-même, semblant ne vivre que pour soutenir sa mère et la suivre d’hôpitaux en hôpitaux.


En ces temps d’après-guerre, le peuple s’est tourné vers un nouveau sport d’une extrême violence : la boxe mécanique. Dans une arène, des combattants surboostés à grands coups d’organes mécaniques s’affrontent dans des matchs de boxe où trop régulièrement le perdant ne se relève pas. C’est pourtant vers ce sport ultime que Levius s’est tourné, mais pourquoi ? Serait-ce un besoin d’autodestruction ou au contraire celui de se sentir vraiment vivant qui pousse le jeune homme ? Zack, n’ayant pas réussi à le convaincre d’abonner cette idée, a choisi de lui servir d’entraîneur afin de pouvoir au moins le préserver le plus possible. Mais le gamin est bon et gagne match sur match. Toutefois, Levius semble vraiment ailleurs durant les combats et Zack ne sait s’il pourra longtemps survivre aux arènes.

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Haruhisa Nakata n’est pas un mangaka très bavard, bien au contraire, ce dernier est plutôt discret et pourtant, il suffit de tourner les premières pages de “Levius” pour comprendre que ce mangaka est un phénomène. Tout d’abord, ce qui marque dès la prise en main de “Levius” et bien avant de découvrir l’histoire, c’est le sens de lecture à l’occidental. Pourtant, il s’agit bien d’une publication nippone, mais l’éditeur a pris le risque d’éditer non seulement dans le sens de lecture normal pour nous autre européen, mais surtout même l’écriture des bulles est à l’horizontal. Le désir de Haruhisa Nakata est clairement d’offrir une série mondiale, universelle sur l’humanité. Et la quatrième de couverture lance également une mise en bouche assez mystérieuse : et si l’humanité dépendait de sa réussite ?

L’histoire nous emmène dans une uchronie, un monde où les progrès de la médecine pour fusionner le corps humain avec des organes mécaniques ont dépassé les autres avancées technologiques. L’univers de “Levius” est un mélange de XIXe siècle occidental et des mondes cybernétiques de Masamune Shirow, comme un mariage entre l’avant Première guerre mondiale et “Ghost in the Shell”. Levius est un enfant de la guerre, une guerre qui n’est pourtant qu’évoquée à travers des souvenirs ou des récits, mais jamais montrée, pourtant une guerre qui a laissé des traces indélébiles sur le jeune garçon : la perte d’un bras et une famille décimée. Si l’atmosphère est tragique, l’ambiance est loin d’être trop sombre, trop lugubre. Le personnage de Levius en est même assez ambigu. Comme je l’évoquais dans le résumé, le lecteur ne sait trop si l’attirance qu’il a pour la boxe mécanique est celle d’un besoin d’autodestruction ou au contraire de se sentir vivant. C’est un garçon détruit par la guerre qui tente de se reconstruire dans un sport où le perdant est souvent mort. On peut y voir un clin d’œil à “Gunnm” de Yukito Kishiro, sans aller dans le côté machine. Car même en étant fortement cibernisés, les personnages n’en restent pas moins des humains avec leurs faiblesses et leurs espoirs.

Un autre élément saillant et innovant chez Haruhisa Nakata est son style graphique. Le mangaka a clairement été influencé par les dessins européens et les auteurs comme Moebius. Ses personnages sont loin du shonen et appartiennent à un style de seinen non seulement hyperréaliste mais également très proche de la franco-belge moderne. Pour créer de la profondeur dans ses planches, le mangaka va utiliser comme outil phare, le flou artistique afin de mettre en relief la scène en premier plan. Son crayonné est très léger, abandonnant l’encrage systématique pour garder un style épuré, léger, privilégiant le premier coup de crayon aussi clair soit-il. Cela nous donne ce dessin parfaitement illustré par la couverture, véritable avant-gout de ce premier tome. Le côté organique des membres mécaniques n’en est que plus fort, très détaillé. Certaines pleines pages sont de pures merveilles. Les personnage ont de vraies gueules et sont très expressifs. Les combats de boxe sont entre la chorégraphie et la barbarie, un mélange de violence et de grâce que le trait léger du dessins associe dans un mouvement harmonieux mais surtout parfaitement lisible, compréhensible au premier coup d’œil.

“Levius” est un petit bijou, une oeuvre d’exception qui mérite une mise en avant dans la collection Big Kana.


Levius (T1)
- Auteur : Haruhisa Nakata
- Traducteur  : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Kana
- Collection : Big Kana
- Format : 148 x 210, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 240 pages
- Date de parution : 2 octobre 2015
- Numéro ISBN : 9782505064343
- Prix : 12,70 €


© Edition Kana - Tous droits réservés



Frédéric Leray
29 octobre 2015







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