YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire


BD
Brèves
Albums
Comic-books
Mangas
Intégrales
Dossiers
Agenda
Archives
Cinéma
Annonces
Brèves
Critiques
Dossiers
Extraits
Interviews
Making of
Imagin'Arts
Brêves
Chronic'Arts
Archives
Littérature
Brèves
D&D
Critiques
Jeunesse
Dossiers
Télévision
Brèves
Séries TV
Dossiers
DVD
Cinéma
Séries TV
Japanimation
Game Zone
Brèves
Jeu vidéo
Jeu de Rôles
Figurines
Kiosque
Divers
Yo-Sphère
Rédaction
Liens
Partenaires

Contact
RSS - XML
Suivre yozoneFR sur Twitter



RSS XML
Add to Netvibes Add Google Add to Yahoo
Visiteurs

25 visiteurs en ce moment


YozoneLittérature Critiques Jeunesse

Héritière (L’), tome 1
Melinda Salisbury
Gallimard Jeunesse, traduit de l’anglais (Grande-Bretagne), Roman Fantastique, 330 pages, 16,90€

Twylla est une jeune fille désespérément seule. Dans sa tour, entourée de sa garde, elle mène une existence privée de contact, extrêmement ritualisée. Pour une bonne raison : Twylla est vénéneuse, un simple contact de sa part et c’est la mort assurée. Enfermée dans ce que la religion et la royauté attendent d’elle, il faudra qu’un homme entre dans sa vie pour lui ouvrir les yeux.


Melinda Salisbury se serait récemment engagée dans le domaine de l’écriture grâce à l’exemple fourni par J.K. Rowling. Elle commence par une trilogie, ce qui est bizarrement souvent le cas ces derniers temps, puisque « L’Héritière » est son premier livre. Pas de magie pour ce premier tome de « L’Héritière », encore qu’au premier abord, cela ne soit pas forcément évident.

Lorsque l’on découvre Twylla, la jeune fille est en route vers les sous-sols du château. Comme tous les mois depuis qu’elle a été accueillie par la famille royale, elle doit se soumettre au même rituel. Rousse, née en temps de crise dans un royaume très religieux, Twylla est destinée au rôle de Daunen incarnée. Pour tous, elle a été choisie par les dieux pour être le réceptacle vivant du pouvoir de leur propre fille. À ce titre, elle apporte espoir et justice dans le royaume. Comme preuve de la bénédiction divine, Twylla absorbe tous les mois une petite dose de poison mortel auquel elle se doit de survivre. Comme prix de cette bénédiction divine, la jeune femme est privée de tout contact physique, le poison transpirant par sa peau, tout contact avec elle est mortel, sauf pour les membres de la famille royale ; elle est aussi bourreau pour toute personne convaincue de haute trahison qui sera donc exécutée par son contact. Comme récompense pour le devoir accompli, la main du prince héritier lorsque le moment sera venu.
Les circonstances vont amener un athée dans la garde personnelle de la Daunen incarnée. Avec le retour du prince héritier qui a voyagé de nombreuses années par-delà les frontières du royaume, les esprits royaux vont légèrement s’échauffer et l’envoyée des dieux va peu à peu s’émanciper de tous les devoirs qui pèsent sur elle.

Pas forcément évident de voir dans « L’Héritière » un premier roman. L’écriture est aboutie, le scénario très réfléchi et les influences sociales, de même que les réflexions qui en découlent naturellement, très actuelles. La perversion du pouvoir, la mainmise de la religion sur l’humain et la difficulté d’un individu, même intelligent, de se libérer de ce qu’on lui a toujours inculqué et ce dans quoi il a toujours vécu. Voici les thèmes traités par Melinda Salisbury dans ce premier roman.
En dehors des thèmes et de la qualité de l’écriture, les personnages aussi ont bien évidemment leur importance. L’intrigue est portée par une dizaine de personnages dont certains restent volontairement effacés. Les autres sont bien développés, leurs interactions étant tout à fait logiques de même que leurs psychologies en général.

Une belle analyse de différents modes politiques, quoiqu’un peu superficielle, des dangers de la religion (et d’une religiosité poussée à l’extrême), et de la royauté telle que l’Europe l’a longtemps pratiquée. Un initiatique prenant avec une fin que j’ai trouvée plutôt logique et très charitable et le petit cliffhanger nécessaire pour donner envie d’aller voir le tome 2.
Thème, écriture, personnages, tout est réuni dans ce premier tome pour une adhésion totale du lecteur. La chimie opère parfaitement et le lecteur se fera joyeusement complice de cette épopée au petit goût médiéval.


Titre : L’Héritière (The Sin Eater’s Daughter, 2015), tome 1/3
Auteur : Melinda Salisbury
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Emmanuelle Casse-Castric
Couverture : © Getty Images
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Collection : Grand Format Littérature
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 330
Format (en cm) : 15,5 x 22,5 x 2,7
ISBN : 9782070665457
Prix : 16,90 €




Emmanuelle Mounier
12 novembre 2015







JPEG - 22.7 ko