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YozoneLittérature Critiques

Train d’Enfer
Jérémy Bouquin
Wartberg, Zones Noires, policier, 207 pages, septembre 2015, 10,90€

Abel Jackal, détective à tel point privé qu’il passe autant de temps, sinon plus, à effacer ses propres traces qu’à suivre celle des autres, enquête sur un employé dont le patron, à la tête d’une entreprise informatique, est persuadé qu’il dérobe des données confidentielles pour les revendre au plus offrant. Mais cet individu semble mener une vie d’une banalité exemplaire et les investigations de Jackal piétinent.


Ce Jackal, pour compétent qu’il soit, est décidément un « privé » bizarre. Il n’utilise que des faux papiers, des identités volées, ne laisse aucune trace nulle part, change sans arrêt de véhicule, ne dort jamais plus de quelques nuits au même endroit. Il suit obstinément Christophe Sellard, le suspect, minute par minute, truffe son appartement de caméras, de micros, prend chaque jour le même train que lui. Guette. Observe. Identifie ses voisins de compartiment. Peu à peu, il se persuade que c’est durant ce trajet que Sellard transmet les données dérobées. Mais à qui ? Et sous quelle forme ?

Les choses ne tardent pas à se compliquer. Panne générale durant le trajet. Le train s’arrête. Plus même d’éclairage. S’ensuit un épisode terrifiant durant lequel le wagon est attaqué par une bande de zonards. Les voyageurs sont détroussés. Une jeune femme, qui avait une arme dans son sac, est lourdement molestée. Et au terme de cet incident on retrouvera Sellard, mort dans les toilettes, tué de toute évidence par un professionnel.

L’enquête ne piétine pas pour autant. Persuadé que les données avaient déjà été transmises par Sellard à un des passagers, Jackal remonte le fil, retrouve les braqueurs, cherche à récupérer leur butin. Mais il n’est pas seul sur leur piste. Des flics, des vrais, à moins que ce ne soient des agents secrets, le repèrent, le capturent. Ce sera donnant donnant : soit il collabore, soit on le vend aux autorités qui sont à sa recherche. Dès lors, tout se complique, l’enquête s’emballe.

Tout n’est pas absolument clair dans ce roman qui, comme beaucoup de polars, paraît écrit assez vite, et contient ici et là quelques petites incohérences ou invraisemblances. Par exemple, lorsque son employeur lui parle de sécurisation et de data centers, Jackal n’y comprend rien, alors qu’il apparaît lui-même deux pages plus loin comme un virtuose de l’informatique, mettant sous surveillance l’ordinateur et les comptes bancaires de sa proie. Ou encore lorsque, averti par un SMS de l’assassinat d’un traducteur Jackal se précipite pour mener l’enquête – mais ce n’est qu’au terme de celle-ci qu’il cherchera à savoir quel est l’employeur qui l’a lancé sur cette piste. Un enchaînement chronologique peu crédible.

Il n’empêche qu’avec ce personnage d’enquêteur privé qui cache lui-même bien des secrets, « Train d’Enfer », à renfort de péripéties et de révélations, finit par happer le lecteur qui ne voit pas les stations passer. Entre manoir des services secrets, mafia russe, prise d’assaut d’un repaire de petites frappes et autres filatures, pas vraiment le temps de souffler. Avec une narration au présent, une écriture simple et sèche, un refus des surenchères et des artifices, Jérémy Bouquin parvient à emmener son lecteur à destination.

Tendu, nerveux, sans prétention, « Train d’Enfer » avec ses deux cents pages rapidement lues, fait donc partie de ces petits romans de quai de gare que l’on pourra, pour se mettre dans l’ambiance, lire le temps d’un trajet ferroviaire. Et il est permis de penser qu’après « Train d’Enfer », le redoutable Albert Jackal, enquêteur mystérieux, furtif et lui-même perpétuellement recherché par la police pourrait bien un jour reprendre du service. Les lecteurs de « Train d’Enfer  » ne devraient guère hésiter à reprendre un billet.


Titre : Train d’Enfer
Auteur : Jeremy Bouquin
Couverture : Picture alliance /KPA / Theyssen / Ravenstein 2 / Verden
Éditeur : Wartberg
Collection : Zones noires
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 207
Format (en cm) : 12 x 20
Dépôt légal : septembre 2015
ISBN : 978381327973
Prix : 10,90 €



Jeremy Bouquin sur la Yozone :
- « Qui part à la chasse »



Hilaire Alrune
15 octobre 2015







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