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Saint Seiya, édition Deluxe (T18)
Masami Kurumada
Kana

Alors que les troupes d’Hadès partent pour le Meikai, Seiya et les autres Saints de Bronze atteignent le puits menant au royaume des morts. Mais s’ils parviennent à ce débarrasser du Spectre qui pensait les terrasser, ils se retrouvent face à Rhadamanthe, l’un des trois juges. Ce dernier sent que ces Saints ont quelque chose de particulier et leur ténacité est une menace qu’il ne peut ignorer, mais les ordres de Pandora ne sont pas discutables et il finit par les laisser à ses Spectres, menés par Valentine de la Harpie. Dans la lutte qui suit, Seiya chute en entraînant Valentine à sa suite. Mais quand ses amis s’apprêtent à sauter à leur tour dans le puits, Doko de la Balance les arrêtent. Car pour combattre les troupes d’Hadès, ils doivent arriver vivants au Meikai et pour cela, comme Shaka et Athéna, ils doivent s’éveiller au huitième sens, l’Arayashiki. Ce n’est qu’en arrivant au royaume des morts qu’un homme découvre qu’il a pu ou non s’ouvrir au huitième sens. Mais nos jeunes héros n’ont pas le choix, ils doivent apporter son armure à Athéna pour qu’elle puisse combattre Hadès.



En se réveillant, Seiya retrouve Shun à ses côtés. les deux Saints sont à l’entrée des enfers, devant une gigantesque porte leur annonçant qu’ils doivent abandonner ici tout espoir. Mais Seiya et Shun ne peuvent se permettre cela, bien au contraire, c’est confiant de leur devoir qu’ils partent pour la rive de l’Achéron, le fleuve qui sépare l’entrée des enfers de la première prison. Mais seul le passeur peut les amener à bon port et Charon, le nocher des enfers, n’a pas très bon caractère. Il est surtout habitué à se jouer des morts, qui doivent lui payer tribu pour traverser l’Achéron. Et avec sa rame, il semble capable de parer n’importe quel coup. Toutefois, il va accepter la médaille de Shun.... au moins pour atteindre la moitié du fleuve, car un Spectre digne de ce nom ne peut laisser deux Saints d’Athéna atteindre la première prison.. Par traîtrise, il va jeter Seiya à l’eau, une eau attirant tous ceux qui se jettent dedans en ses profondeurs, aidée pour cela par les cadavres de ceux s’étant noyés...

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Avec ce tome 18 de “Saint Seiya”, la guerre contre Hadès passe aux choses sérieuses puisque nos héros vont enfin partir pour le royaume des morts pour défier le dieu. Mais avant le grand saut, Masami Kurumada nous réservait une petite surprise. Le mangaka nous avait déjà inventé le septième sens, celui qui englobe et dépasse les six autres. Cette fois, il nous invente un sens capable de faire atteindre le royaume des morts en restant en vie : le huitième sens, l’Arayashiki. Il faut dire qu’il lui fallait trouver une solution pour justifier le fait que ses Saints puissent atteindre les enfers en gardant leurs pouvoirs. Et surtout que, contrairement au château d’Hadès, nos héros pourront utiliser toute l’intensité de leur cosmos pour combattre, n’étant plus restreints par le sort du dieu des morts.

Encore une fois, Masami Kurumada nous démontre sa grande connaissance des multiples mythologies composant les religions occidentales. Il va d’ailleurs se permettre d’en mélanger quelques unes à travers les Spectres défenseurs des différentes prisons. Mais surtout le mangaka va faire référence à de nombreux passages de la “Divine Comédie” de Dante, à commencer par l’inscription sur la porte des enfers : « Laissez tout espoir, vous qui entrez ». L’oeuvre de Masami Kurumada a souvent été sous-estimée, certains se bornant à ne regarder que les combats et s’attardant sur de petites erreurs de traduction, alors que le mangaka nous fait une vraie leçon sur la structure des enfers reprenant, à travers le schéma en début de tome, les trois cercles des enfers gardés par les trois juges : Minos, Eaques et Rhadamanthe. Nous retrouvons aussi les gardiens des enfers de la mythologie grecque : Charon, le passeur de l’Achéron, une des branches du Styx, le fleuve qui parcourt le royaume des morts, et Cerbère, le chien à trois têtes. Charon est d’ailleurs un Spectre intéressant car très complexe. Il s’avère particulièrement puissant mais utilise des traîtrises de gamins pour tromper Seiya. Il est sensé être sans sentiment pour les morts, mais il se laisse attendrir par la conception de justice de Shun. Il ne sera d’ailleurs pas tuer, simplement battu par Seiya.

La première prison sera l’occasion d’introduire l’élément majeur qui va influencer les prochains tome : la ressemblance entre Shun et Hadès, qui mettra dans tous ses états Lune de Balron... Pourquoi avoir transformé Rune de Balrog en Lune de Balron ? Si le terme Balrog pouvait poser des problèmes de copyright vu que cette créature d’heroic fantasy est rattaché à l’oeuvre de JRR Tolkien, “Le Seigneur des Anneaux” (d’ailleurs, il ne passera pas !), Rune avait un sens plus intéressant que Lune. L’ambiguïté vient de la façon de prononcer le R en japonais, qui est en fait roulé et très proche du L. Toutefois, la rune et son lien avec la mythologie nordique et la divination avaient plus de sens pour celui qui juge les morts en remplacement de Minos.

La deuxième prison nous emmène en Egypte, le gardien étant Pharaoh du Sphinx. Cette fois, c’est la conception du jugement des morts par les égyptiens qui nous est présentée avec lui. Mais ce qui est aussi très intéressant, c’est l’utilisation de Pharaoh dans le mythe d’Orphée. Décidement, ce tome est très riche en personnages emblématiques du monde des morts. Le mythe d’Orphée et Eurydice sera repris à sa sauce par Kurumada mais toujours en respectant la légende. Ce qui est aussi intéressant, c’est que Seiya et Shun ne vont finir aucun combat, pour ne pas dire être juste des spectateurs des affrontements d’autres Saints avec les Spectres d’Hadès. Masami Kurumada n’avait pas vraiment le choix s’il voulait que ses héros atteignent Hadès d’une façon réaliste et non pas en gagnant des combats in extremis face à des Spectres plus puissants qu’eux. Ce sera donc Orphèe qui se chargera de Pharaoh, tout comme Kanon était intervenu pour s’occuper de Lune.

La traversée des enfers ne fait que commencer pour les Saints d’Athéna. Il en manque d’ailleurs encore quelques uns au rendez-vous... du tome 19.


Saint Seiya, édition Deluxe (T18)
- Auteur : Masami Kurumada
- Traducteur : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Kana
- Collection : Big Kana
- Format : 145 x 210, noir et blanc - sens de lecture original
- Nombre de pages : 244 pages
- Date de parution : 4 juillet 2014
- ISBN : 9782505061007
- Prix : 9,25 €


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SAINT SEIYA –ULTIMATE EDITION- © 1985 BY MASAMI KURUMADA / SHUEISHA Inc.
© Edition Kana - Tous droits réservés


Frédéric Leray
7 septembre 2015






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