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Animal Kingdom (T5 et 6)
Makoto Raiku
Ki-oon Kids

L’arrivée de Ju a semé le chaos dans le village. Contrairement à Taroza, ce petit humain est assoiffé de sang et vit sous la loi du plus fort. Mais il est aussi d’une grande perversion et surtout, il possède le secret du feu et en connait parfaitement les pouvoirs dévastateurs. Malheureusement pour le village, ce sera sur le pont et les champs que Ju fera usage du feu, détruisant tout ce à quoi avait œuvré Taroza. Devant ce désastre, certains animaux perdent espoir et préfèrent se joindre au plus fort. Notre jeune héros est à deux doigts de baisser les bras quand ces fidèles amis animaux viennent lui remonter le morale et lui redonner le courage perdu. Mais plus important, Taroza finit par trouver comment vaincre le feu : l’eau. Mais comment faire en sorte d’avoir à disposition une masse d’eau suffisante pour contrecarrer un retour de Ju ? Cette fois, la destinée se place de son côté avec l’arrivée d’un girafon sachant où trouver une étendue d’eau gigantesque où des animaux plus gros que des éléphants vivent : la mer.



Durant son voyage vers la mer, Taroza découvre une meute de hyènes peu banale, dont la cheffe possède une morale et des règles de conduite surprenantes pour des carnivores. Seulement, un groupe de chevaux s’en prend aux hyènes, convaincus par un humain que celles-ci sont à l’origine de la mort de plusieurs poulains, sauvagement assassinés. La guerre entre les deux clans fait rage au grand désespoir de Taroza qui ne supporte pas de voir souffrir des animaux. Mais en regardant de plus près les cadavres de poulains, Taroza s’aperçoit que les pauvres animaux ont été empoisonnés, mais convaincre les étalons n’est pas facile, car ce fameux Giller est parvenu à leur laver le cerveau. Il faudra qu’un jeune poulain poignarde la hyène Ena pour que celle-ci lui pardonne dans le même langage que Taroza. Ce miracle et le discours d’Ena changent totalement la donne et le chef des chevaux ne peut que prendre conscience de son horrible erreur, mais surtout de la trahison de ce maudit Giller. Pour Taroza, le voyage ne s’arrête pas là, la mer l’attend non loin,et à l’intérieur, l’attend une créature intelligente, un mammifère marin à la taille gigantesque. Mais Taroza est-il vraiment prêt à apprendre ce que ce sont devenus les autres hommes ?

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L’arrivée de Ju dans le monde de Taroza permet de mettre en scène le vrai « méchant » de l’histoire. Il va provoquer un véritable cataclysme dans le monde si paisible du royaume des animaux. Ju va raser en une poignée de planches ce que Taroza a mis quatre tomes à créer. La tragédie aurait pu prendre une proportion catastrophique, mais heureusement nous sommes dans un manga destiné aux enfants, et le jeune héros ne peut tomber dans une déprime sous valium. Makoto Raiku va donc semer des graines d’espoir et permettre à son jeune personnage de s’en sortir grandi. Comme le dit l’adage, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort », et quelque part, Taroza met en pratique ce bon mot de Friedrich Nietzsche. Mais le lecteur ne pouvait rester à attendre tranquillement que les champs repoussent, il fallait que le jeune héros est une quête pour parfaire son éducation. Et ce sera par l’intermédiaire d’un girafon, que Taroza partira pour son voyage initiatique. Makoto Raiku n’échappe pas aux obligations des shonen mais parvient toutefois à les arranger à sa sauce. Car si nous allons oublier pour un temps Ju, le mangaka nous avait garder pire que le jeune psychopathe. Ses méchants sont réellement manichéens : Ju est un fou furieux, qui ne croit qu’en la loi du plus fort, un darwiniste convaincu.

Avec le tome 6 apparait un nouveau méchant : Giller. C’est en fait le seul humain quasiment adulte de la série. Et comme par hasard, ce sera le savant fou du lot. Mais c’est surtout un Machiavel. En fait, Makoto Raiku nous fait un véritable cours de psychologie criminelle. Les protagonistes de cette sympathique série sont tous très différents, avec des caractéristiques, certes un peu trop marquées, mais qui correspondent à ce que l’on attend de ce genre de manga. Giller montrera peu à peu son vrai visage jusqu’au final de ce tome 6. Taroza parait bien impuissant face à un tel scientifique... Toutefois, un mystère demeure sur les connaissances de Giller, tout comme les capacités innées de Taroza de pouvoir lire l’écriture de ses semblables.

Mais le vrai point fort de ce tome 6 est évidemment la révélation sur ce qu’est advenu de l’humanité. Makoto Raiku n’échappe pas à son histoire et difficile pour un Japonais de ne pas parler d’une catastrophe, peut-être nucléaire, en tout cas comme dans beaucoup de manga, l’humanité sera son propre bourreau. Mais ce qui est intéressant est que l’histoire du monde nous est conté par une baleine... Oui, venant d’un Japonais on peut trouver un peu ironique d’utiliser un animal chassé par ses semblables comme dernier témoin de la fin des hommes. En tout cas, le mangaka nous explique enfin d’où viennent Taroza et les autres humains, les cinq derniers humains. On pourrait aussi trouver un peu caricaturale la façon dont Makoto Raiku partage le camp du bien et celui du mal : les hommes sont mauvais et les filles gentilles. Et au milieu Taroza... Bah, oui, il faudra bien sauver l’espèce humaine tout de même.

“Animal Kingdom” s’avère assez complexe pour un manga, à la base, destiné à un public assez jeune, mais surtout avec des personnages réellement travaillés et marquants.


Animal Kingdom (T5 et 6)
- Auteur : Makoto Raiku
- Traducteur  : Fédoua Lamodière
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 115 x 175, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 3 juillet et 25 septembre 2014
- Numéro ISBN  : 978-2-35592-694-5 ; 978-2-35592-729-4
- Prix : 6,60 €


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DOUBUTSU NO KUNI © Makoto Raiku / Kodansha Ltd.
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Frédéric Leray
13 août 2015






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