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YozoneLittérature Critiques

Défaillance
Anders de la Motte
Fleuve Noir, Thriller Policier, roman traduit du suédois, thriller, 544 pages, septembre 2015, 20,90€

Agent spécial de la police de Stockholm, David Sarac est un gestionnaire d’indics. Suite à un accident de voiture, il se réveille amnésique. Au grand désarroi de ses collègues, les événements récents ne lui reviennent plus à l’esprit. Du fait de méthodes spéciales, David a toujours conservé le secret sur son indicateur principal surnommé Janus et qui fait trembler la pègre locale. Seul David connaît son identité et chacun est prêt à tout pour être dans la confidence. Du côté de la police, pour se l’approprier, et du côté des truands, pour éliminer cette menace.
Reste à surveiller David en attendant que la mémoire lui revienne.


Lui-même ancien officier de police, Anders de la Motte qui a connu le succès avec sa trilogie « Play », joue avec les secrets que recèlent le cerveau de David Sarac et qui lui restent inaccessibles. Le moteur du récit réside dans l’identité de Janus, un enjeu pour tous les protagonistes qui cherchent par tous les moyens à se l’approprier.

Intelligemment l’auteur nous invite des deux côtés de la loi. David Sarac et ses collègues nous permettent de découvrir le milieu policier. La mort d’un petit truand pousse Atif à revenir en Suède. Ce dernier appartenait au milieu du banditisme local et en était même une pointure, avant de se retirer et de partir en Irak pour retrouver la famille maternelle. Là-bas, il y a refait sa vie, intégrant même les forces de l’ordre. À son retour à Stockholm, il reprend contact avec son ancien milieu pour savoir le fin mot sur la mort de son frère, visiblement victime des renseignements de Janus. Atif cherche bien sûr vengeance et c’est à travers lui que les lecteurs arpentent le côté sombre. Toutefois, on aurait tort de résumer l’histoire entre une lutte entre les bons (la police) et les mauvais (Atif et les truands) pour s’approprier Janus. En effet, chaque face de la loi abrite ses vilains petits canards et Anders de la Motte n’est pas avare en petits secrets

Là où l’auteur pèche, c’est avec Atif. Les ficelles pour le faire avancer dans sa propre recherche de Janus s’avèrent des plus grosses : un portable qui se décroche juste au bon moment pour lui signaler la localisation d’un indic, croiser David Sarac sur les lieux d’un crime... Et puis Atif n’arrête pas de se bastonner, mais rien ne semble devoir l’arrêter. De même, ses actes ont de quoi étonner et ne m’apparaissent pas forcément coller avec ce que l’on sait de son passé. Heureusement, à la fin du livre, il retrouve en quelque sorte ses esprits.
Le démarrage s’avère aussi un peu laborieux, Anders de la Motte nous livre au début quelques événements en pâture, avant de rentrer réellement dans l’histoire dont le rythme débute lentement par la force des choses. David Sarac ne se souvient plus des derniers mois et les personnages défilent pour l’interroger. Peu de choses à se mettre sous la dent, si ce n’est la galerie des protagonistes.
Les seuls reproches que l’on pourrait adresser à « Défaillance » se situent dans le peu de vraisemblance de la trame mettant en scène Atif et une introduction un peu poussive. Malgré tout, ils n’empêchent pas d’avancer dans l’intrigue et d’être happé par cette recherche de Janus.

David Sarac lutte pour retrouver ses souvenirs, il souffre de cette absence, de ce manque et il sent qu’une certaine pression lui est mise. Ce dernier point n’est pas sans susciter une certaine méfiance. Pourquoi veut-il tellement connaître l’identité de son informateur secret si efficace ? Si les volontés de la pègre sont claires, celles de ses collègues le sont moins. David soupçonne que certains peuvent craindre les révélations qui pourraient être faites. D’ailleurs pourquoi le fait-on surveiller ? Se méfie-t-on de lui ?
David comprend finalement qu’il est obligé de se défier de tout le monde, qu’égoïstement il doit d’abord s’occuper de lui et se protéger des autres. Il mène l’enquête dans son coin, essayant d’éviter de demander l’aide de quiconque, si ce n’est celle de Nathalie, une accompagnatrice de santé dont il ne met pas les intentions en doute et dont la présence n’étonne personne. Peu au fait de la politique santé en Suède, je ne me prononce donc pas sur cette intrusion dans la vie de David, censée l’aider à retrouver une vie normale.
Cette course à la mémoire s’avère très intéressante. Son avancée n’est pas facile ni aussi gratifiante qu’il aurait pu le penser. C’est ainsi que certains aspects de son passé ne sont pas faciles à apprendre. Au fil du récit, les lecteurs découvrent l’ancien David Sarac.

Plus on progresse dans « Défaillance », plus l’intérêt grandit. De nouvelles questions ne cessent de se poser, certains masques tombent et les personnes révèlent leur vrai visage, quel que soit le côté de la barrière. Calculs, machinations, magouilles... pullulent et alimentent brillamment le récit dont le rythme s’accélère jusqu’au feu d’artifice final, si l’on peut s’exprimer ainsi.

« Défaillance » repose sur le personnage principal de David Sarac bien sûr, mais aussi sur celui d’Atif. Le premier est en pleine reconstruction et évolue au fil des pages, alors que le second arbore deux visages. En effet, on dirait qu’en Suède il se situe du mauvais côté de la loi, alors qu’en Irak il se trouve du bon côté. La fidélité à la famille, à son frère disparu, le fait sortir du droit chemin. Et en toile de fond rôde toujours Janus, l’informateur haut placé secret, enjeu de toutes les convoitises. Qui est-il donc ? Anders de la Motte joue habilement de cette interrogation et de la tension autour de son identité. Le moteur du récit est des plus efficaces et la curiosité nous pousse à lire, à dévorer les pages, d’autant plus que la conclusion se rapproche.

Si certains aspects s’avèrent un peu agaçants (un peu plus de réalisme aurait été souhaitable par moments), l’ensemble n’en est pas moins passionnant. L’auteur joue avec ses lecteurs, il leur donne des informations en pâture, comme pour mieux les diriger dans la direction voulue. La force de persuasion est une chose terrible, les gestionnaires d’indics le savent bien. « Défaillance » s’en sert aux dépends de tout le monde, aussi bien de ses acteurs que de ses lecteurs. Le traitement est efficace et ce livre ne traînera pas longtemps sur votre table de chevet.

Ce roman est aussi d’une grande richesse et, s’il trouve bien sa conclusion, une fois achevé, on remarquera que certains éléments n’ont pas été exploités. Et pour cause, il s’agit du premier tome d’un diptyque ! Quelque chose me dit qu’un certain ministre a des soucis à se faire...
Suite que l’on attendra avec curiosité et impatience.

Chronique réalisée d’après les épreuves non corrigées de l’ouvrage.


Titre : Défaillance (MemoRandom, 2014)
Auteur : Anders de la Motte
Couverture : tributetoalfred
Photo : © Daniel Sambraus et Michael Duva / Getty Images
Traduction du suédois : Carine Bruy
Éditeur : Fleuve Noir
Collection : Thriller Policier
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 544
Format (en cm) : 13,9 x 21
Dépôt légal : septembre 2015
ISBN : 978-2-265-09889-3
Prix : 20,90 €



Pour écrire à l’auteur de cet article :
[email protected]



François Schnebelen
10 septembre 2015







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