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Gandahar n°4
Une publication de l’association Gandahar
Revue, n°4, SF - fantasy - fantastique, nouvelles-article, juin 2015, 122 pages, 7€

La figure du Juif Errant marque toujours les esprits. Dans la version la plus commune, il s’agirait d’un Juif qui aurait refusé toute aide au Christ lors de sa montée au Golgotha avant sa crucifixion. Pour cela, il aurait été condamné à ne jamais connaître de repos. Immortel et connu sous les noms d’Ahasvérus, Isaac Laquedem... il marcherait à travers le monde, seul témoin vivant de la venue de Dieu parmi nous.


En entame de ce numéro axé autour du Juif Errant, André Woodcock nous présente le mythe dans un article discutable. La barrière entre l’humour et le mauvais goût est souvent mince et difficile à ne pas franchir, ce que le rédacteur fait à de multiples reprises. Rien que le titre “Marche – et ne crève pas - !” illustre mes dires. Il est dommage qu’il ne fasse pas plus attention à la forme ; nous prendre à témoins n’est pas non plus une bonne idée. Résultat : le propos passe au second plan et on ne retient pas le quart de ce qu’il raconte.
À corriger pour l’avenir, car ce genre d’articles ne fait pas sérieux.
Finalement, « Gandahar » démarre vraiment avec la reprise de “Le passant de Prague” de Guillaume Apollinaire. C’est sobre et dévoile le mythe de façon imparable.

Avec un titre tel que “Une gueule de bois de cent mille ans”, on se demande à quoi s’attendre . Habilement, Pierre Gévart s’empare de cette immortalité pour projeter le personnage dans un lointain futur où il s’éjecte dans l’espace pour le voir évoluer. L’image est forte, pleine de poésie. En trois pages, Pierre Gévart plonge le mythe en pleine SF. Du très beau travail !

Feldrick Rivat nous livre aussi un court texte de science-fiction, dans lequel le Juif Errant cherche une trace de vie sur une Terre dévastée. Il ne cesse de se réparer, de remplacer les éléments défaillants par des prothèses mécaniques. Sa malédiction (la survie) est à ce prix.
Là aussi, “Aurore-s” séduit par son imaginaire. Le personnage poursuit un but, aussi désespéré soit-il. Si son corps se transforme, se rapprochant de celui d’un robot, sa conscience demeure et continue inlassablement sa tâche. Un des textes forts de ce numéro.

Deux auteurs font preuve d’humour, notamment Bérénice Paquier avec “Ceci est mon corps”. Malgré qu’après réflexion, le titre soit révélateur, elle se joue des lecteurs quasi jusqu’à la fin. Le déroulement est suffisamment bien mené pour que l’ensemble fonctionne. Bravo pour la performance, car ce n’était pas évident.
“Albert Cohen contre les méchants Qlipoths” met en avant un pauvre vieux qui veut en finir une bonne fois pour toutes. La corde au cou, il est dérangé dans son cérémonial. Soit-disant qu’il serait quelqu’un d’important, que la survie de la Terre reposerait sur son existence. Au cœur d’une guerre entre les serviteurs du bien et du mal, lui qui cherche à se suicider est obligé de fuir pour ne pas être assassiné. La situation s’avère pour le moins cocasse !
Danny Mienski, dont l’orthographe diffère entre le sommaire et la nouvelle, nous livre de beaux moments de bravoure. C’est mouvementé et amusant à plus d’une reprise, mais le thème n’est qu’effleuré.

Décrit comme “Le sombre”, le vieillard qui vit reclus dans une pauvre masure veille discrètement sur ses congénères. Il faut dire que lors de ses rêves, il entrevoit l’avenir. Une jeune fille le remarque avant qu’un incendie ne manque d’emporter sa famille. Elle cherche alors à mieux le connaître, ce que ce dernier veut à tout prix éviter.
De façon intimiste, Alexandra Jacquet lève bien le voile sur cette malédiction : comment se lier avec autrui quand on est immortel ? Qu’on les verra donc mourir les uns après les autres ? Toutefois, elle ne veut pas croire que cette malédiction soit immuable. Sans être inoubliable, cette nouvelle laisse une bonne impression.

Il n’en est pas de même avec “L’être aux yeux soleil” de B.J. Opsüj. Le Juif Errant est recueilli en plein hiver par une âme charitable. Il s’agit d’un gardeur de rêves. Puis le professionnel va s’immerger dans les rêves de son patient inattendu, se fendant de ses commentaires en plein songe. Peu convaincu par cette histoire tirée par les cheveux, elle m’est vite sortie de l’esprit pour être classée dans la section Déception.
Plus réussie, “Vol au-dessus d’une synagogue” n’est toutefois pas exempte de reproches. Assez éloignée du thème, Sara Pintado promène son héroïne en quête d’évasion à travers les époques et les lieux. À trop vouloir en faire, ces incursions sont trop rapides et ne marquent guère les lecteurs. L’ensemble est lisse, alors qu’elle aurait pu nous servir des épisodes forts qui auraient heurté notre imagination.

Fruit de la collaboration entre Jean-Pierre Andrevon et Bruno Pochesci, “Jusqu’à tout recommencer” s’engouffre dans cette opportunité. Le Juif Errant n’est autre que Lazare que Jésus Christ a ressuscité d’entre les morts en lui disant : « Lazare, lève-toi et marche », ce qu’il fait depuis. Fatalement, ses pas l’amènent à Auschwitz pendant la seconde guerre mondiale, où il découvre le sort des Juifs sous l’Allemagne nazie. Ce n’est qu’une étape avant son retour sur ses terres d’origine à Béthanie.
Les deux auteurs n’usent d’aucune complaisance et dénoncent la triste réalité dans un futur extrapolé. Au fil des rencontres, ils changent de narrateur pour décrire les événements et, régulièrement, le point de vue de Lazare est à nouveau adopté pour mieux s’immerger dans une existence qu’il n’a jamais désiré et qu’il traverse en simple spectateur. Qu’attend donc le Seigneur de lui ? De nombreuses choses se dégagent de cette nouvelle qui n’hésite pas à réécrire l’Histoire en conclusion. Une collaboration très réussie entre deux auteurs qui s’apprécient ; le résultat s’en ressent et laisse des traces.

Dans “Eivor”, Jérôme Nédélec expose la rencontre entre Asvérus et une guerrière viking. Il a reconnu en elle une compagne d’infortune, également dévorée par les remords. Il boit ses paroles, partage sa détresse et les dernières paroles sont révélatrices du malaise accompagnant le mythe du Juif Errant. Ce n’est pas ce dernier qui est au centre du récit, mais Eivor au parcours saisissant. Superbe nouvelle !

Qu’il ait refusé de venir en aide au Christ, qu’il s’agisse de Lazare ou d’un vulgaire inconnu affligé de cette malédiction, la figure du Juif Errant marque les imaginations. Elle a inspiré les auteurs de ce « Gandahar n°4 », dont on retiendra surtout les participations de Pierre Gévart, Feldrick Rivat, Jérôme Nédélec et du tandem Jean-Pierre Andrevon/ Bruno Pochesci.
Que nous réserve l’équipe de « Gandahar » pour le prochain numéro ? Mystère...


Titre : Gandahar
Numéro : 4
Directeur de publication : Jean-Pierre Fontana
Couverture : Lohran
Type : revue
Genre : Science-fiction, fantasy, fantastique
Site Internet : le blog de l’association Gandahar ; le site de l’association Gandahar ; sa page facebook
Période : juin 2015
Périodicité : trimestriel
ISSN : 2418-2052
Dimensions (en cm) : 16 x 24
Pages : 122
Prix : 7 €



Pour écrire à l’auteur de cet article :
[email protected]



François Schnebelen
16 juillet 2015







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