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Solaris n°194
L’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire
Revue, n°194, science-fiction / fantastique / fantasy, nouvelles – articles – critiques, printemps 2015, 160 pages, 12,95CAD

Il faut avouer qu’après lecture de l’éditorial, j’étais loin de penser que c’était le dernier de Joël Champetier, décédé dans la nuit du 29 mai 2015. Sa maladie était connue mais, comme beaucoup, on n’ose pas envisager le pire et on se raccroche au moindre espoir. Hélas, la leucémie aura été la plus forte et elle nous prive du rédacteur en chef de « Solaris », également très bon auteur. Sur ses photos, il arborait toujours le sourire et dégageait un air sympathique qui faisait l’unanimité.
Sur le site de « Solaris », beaucoup de personnes qui l’ont connu partagent leur tristesse et nous parlent de cet homme charmant, dont le visage souriant restera dans les mémoires.


La nouvelle “Projection privée” de Pierre-Luc Lafrance et les propos de Christian Sauvé dans “Sci-néma” ne sont pas sans points communs. Alors que ce dernier écrit « Les abonnés aux chaînes câblées ont depuis longtemps appris à redouter l’expression « film d’horreur canadien à petit budget » : malgré de rares réussites éclatantes, on y retrouve surtout du n’importe quoi. », l’auteur met en scène Jacques Lampron, un critique connu pour ses avis au vitriol et dont les principales victimes sont justement des réalisateurs québécois ! Pierre-Luc Lafrance parsème son texte d’extraits particulièrement savoureux et effectivement sans concessions. Au retour d’un voyage avec sa nouvelle jeunette de service, deux pendus attendent Jacques dans sa cuisine. Deux victimes à qui il a pourri l’existence par ses papiers assassins, mais qui vont se venger maintenant qu’elles sont mortes.
Jacques nous paraît tout de suite antipathique, ce personnage est très bien décrit. Il ne fait rien pour gagner la sympathie de ses collègues et ne sait qu’être blessant, ce qu’il fait de loin le mieux. “Projection privée” s’avère une belle réussite, l’histoire regorge de beaux moments de lecture et ce qui est terrible, le lecteur ne pourra s’empêcher de rire aux critiques corrosives de Jacques.
Le fait que cette nouvelle trouve un écho, même lointain, avec la rubrique cinéma du présent numéro la met encore plus en avant. Le hasard fait ici bien les choses et la lecture des deux est chaudement recommandée.

Nathasha Beaulieu nous offre une sucrerie au parfum d’autrefois. “Les précieuses Minuscules” possède un charme suranné et un côté merveilleux qui lui vont à ravir. Un groupe de vieux messieurs, perclus de rhumatismes et autres joyeusetés accompagnant leur grand âge, va retrouver une seconde jeunesse grâce au pouvoir d’un livre. C’est mignon comme tout et montre bien que l’on garde toujours un regard d’enfant prêt à s’émerveiller. Natasha Beaulieu officie là dans un registre que l’on ne lui prêtait pas forcément.

Avec “Le poisson d’Ir” dans « Brins d’Éternité 39 », Célia Chalfoun m’avait agréablement surpris. Avec “Les raisins de Gournah”, je retrouve la même sérénité, la même tranquille déambulation à travers les pages de la nouvelle. Cette fois-ci, direction l’Égypte et ses trésors architecturaux encore non protégés par des dômes. Martin va négocier avec les autorités la protection d’un site, dont il ne croit pas vraiment aux retombées touristiques. Le hasard lui permet de découvrir d’autres monuments fascinants.
C’est un peu cousu de fil blanc, le hasard fait trop bien les choses, mais il n’en reste pas moins que l’immersion est réussie et agréable.

Frédérick Durand nous renvoie au temps de l’homme préhistorique et de ses croyances. Le personnage principal est un artiste qui a un très grand rôle dans la communauté. Ses représentations d’animaux sur les parois d’une grotte représentent des offrandes aux dieux qui, séduits, offriront aux chasseurs de belles proies. Hélas, Tharn n’est pas très doué et la chasse s’en ressent au grand mécontentement du village. Par contre, quand il se met à dessiner des paysages, tout change... et le lecteur comprend qu’il y a une part de réalité dans les pouvoirs supposés de l’artiste.
Pour que s’anime le ciel factice” se révèle très original avec cette communication tangible hommes-dieux. Les affres de la création avec leurs doutes sont très bien exploitées et mises en scène. Le récit est très habile et prenant, nous présentant un passé insoupçonné. Belle incursion !

Objets intelligents” de Jean-Noël Lafargue ressemble à une liste d’objets et de leurs capacités techniques. Par rapport à ce que l’on connaît aujourd’hui, il ne m’a pas semblé extrapoler beaucoup. La forme n’est guère enthousiasmante et le propos ne l’est guère plus. Même la touche d’humour finale apparaît trop facile et tombe à plat.

Point de vue articles, Jean-Louis Trudel en consacre un excellent à Iain Banks, un écrivain à deux faces. Jean-Luis Trudel n’en néglige aucune et nous parle aussi bien du pan SF de son œuvre et signé Iain M. Banks que de son pan plus classique où le M de la signature est absent.
Ce trimestre, l’infatigable Mario Tessier s’est intéressé à “L’imaginaire médiéval au Québec”. Le début s’avère très instructif mais, par la suite, il m’a semblé se disperser et j’ai perdu de vue le propos général. Plus brouillon et moins probant qu’à l’accoutumée.

Mise à part une nouvelle, les incursion dans des imaginaires fort différents s’avèrent agréables. Comme à chaque fois, « Solaris » nous propose de belles choses.

Et ce numéro gardera toujours une place à part dans l’histoire de « Solaris ».


Titre : Solaris
Numéro : 194
Rédacteur en chef : Joël Champetier
Couverture : Tomislav Tikulin
Type : revue
Genres : nouvelles, articles, critiques
Site Internet : Solaris ; numéro 194 
Période : printemps 2015
Périodicité : trimestriel
ISSN : 0709-8863
Dimensions (en cm) : 13,2 x 20,9
Pages : 160
Prix : 12,95 CAD



Pour contacter l’auteur de cet article :
[email protected]



François Schnebelen
13 juin 2015







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