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Your Lie in April (T1 et 2)
Naoshi Arakawa
Ki-oon

Kosei Arima était un petit génie au piano. Poussé par une mère tyrannique, qui cherchait à faire de lui l’artiste qu’elle n’avait pas réussi à devenir, le garçon s’arrêta soudainement de jouer après la mort de cette dernière. Quelques années plus tard, Kosei n’est plus qu’un élève comme un autre, plutôt solitaire dont la meilleure amie, Tsubaki, tente de le sortir de son quotidien et de ses partitions. Cette fois, elle l’oblige à l’accompagner à un rendez-vous qu’elle a arrangé entre leur ami commun, Ryota, et une camarade de classe. Mais comme d’habitude, Kosei est le premier arrivé, Tsubaki n’étant pas la reine de la ponctualité. Toutefois, le jeune homme surprend dans un square, une jeune femme en train de jouer du mélodicas pour des enfants. Kosei est alors totalement sous le charme de cette jeune fille qui resplendit en jouant. Seulement, Kaori est justement celle qui cherche à sortir avec Ryota, et comble de mauvais tour du destin, c’est aussi une talentueuse violoniste au style toutefois peu académique.



Kaori est parvenue à se qualifier pour le second tour du concours de violon grâce au choix du public. Mais elle réserve une mauvaise surprise à Kosei : elle a décidé qu’il l’accompagnerait pour sa seconde audition. Seulement, le jeune homme ne parvient plus à jouer ou plus exactement, il n’entend plus le son du piano quand il commence à trop se concentrer. Pourquoi ? Il n’en sait rien mais depuis le décès de sa mère, il se sent comme plongé dans les ténèbres, seul dans le néant, et il panique. Toutefois, ce n’est pas cela qui va faire changer d’avis Kaori, et avec le soutien de Ryota et Tsubaki, ils kidnappent leur ami et le forcent à venir jouer. Pieds au mur, Kosei est de nouveau face à un public, devant son piano. Et contre toute attente, il commence à jouer et parvient à suivre le rythme très personnel de la jeune fille, qui s’approprie chaque morceau et ne les récite pas mécaniquement. Pourtant, la peur des ténèbres va de nouveau submerger Kosei, qui se met à frapper les touches violemment sans pouvoir entendre le moindre son. Et alors que le public se demande ce qu’il est en train de faire, il choisit d’arrêter de jouer. Kaori va alors faire l’irréparable dans un concours : elle va également arrêter de jouer...

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C’est auréolée d’une sélection aux prestigieux Taisho Awards et lauréat du prix manga Kodansha en 2013 que nous arrive la série de Naoshi Arakawa, “Your Lie in April”. Derrière ce titre quelque peu obscur se cache en réalité une petite perle gentiment enveloppée dans un titre dont la signification n’a en fait que peu d’intérêt. Cette série est en réalité une ode à la musique et nous donne une autre image de ces petits génies, capables de jouer n’importe quel morceau avec brio. Mais cette approche est prise d’une manière assez originale car notre jeune héros est devenu incapable d’entendre le son qu’il joue depuis la mort de sa mère. Nous voici donc avec un vrai traumatisme que le jeune Kosei va devoir affronter, combattre et surtout tenter de vaincre. Mais Naoshi Arakawa ne va pas nous la jouer facile , avec une guérison dès la première épreuve. Non, notre jeune héros va devoir trouver la force de combattre ses ténèbres qui l’effraient. Kosei est très humain et le lecteur s’attache très vite à ce personnage qui va être poussé dans ces retranchements par une véritable pile électrique : Kaori. Cette dernière est une violoniste de génie, mais au style anticonformiste qui se moque des prix et ne souhaite que s’enivrer du plaisir des spectateurs aimant sa musique. Elle est exactement l’opposée de Kosei et comme le veut cette bonne vieille loi du magnétisme, les opposés s’attirent.

Et ce sera le deuxième aspect de cette série, qui s’apparente plus à du shojo qu’à du shonen, qui est pourtant la classification de cette série. Nous allons avoir droit à un magnifique triangle amoureux : Kosei aime Kaori qui aime Ryota qui aime... Don Juan par excellence, il est difficile de croire que l’amour du jeune homme pour Kaori est sincère, surtout qu’il pousse son ami Kosei à tenter sa chance avec la jeune fille. Décidément, Naoshi Arakawa aime les scénarios compliqués, mais c’est aussi ce qui en fait tout son intérêt. Toutefois, Kosei a sans le savoir un atout sur Ryota : sa blessure. Car Kaori a aussi une blessure mais qui cette fois est bien physique, un problème de santé, pas totalement identifié par le lecteur à travers les deux tomes, mais cette maladie crée un lien entre les deux jeunes. Et Tsubaki me direz-vous et vous n’aurez pas tort ? La jeune fille tient vraiment la chandelle pour le moment, mais qui sait ce que lui réserve le mangaka ? Peut-être va-t-elle défier tous les pronostiques amoureux.

Graphiquement, cette série est aussi réussie, même si de petites imperfections traînent de temps en temps, en particulier côté traits des personnages. Mais les scènes de concours sont de pure beauté. Naoshi Arakawa parvient à nous entraîner dans sa salle de concert et nous donner envie d’entendre les morceaux joués par nos deux héros. A noter les petites encarts nous expliquant les origines de chaque morceau et un lien pour les entendre, un plus certain pour un manga sur la musique classique. Tout est fait pour que le lecteur prenne un vrai plaisir à découvrir cette belle histoire, certes, pleine de bons sentiments, mais tout cela passe bien grâce à la bonne dose d’humour et des personnages réellement sympathiques, qui donnent envie au lecteur de mieux les connaitre.

“Your Lie in April” est une vraie bonne surprise, tout en légèreté et passant un message de courage et d’amour de la musique.


Your Lie in April (T1 et 2)
- Auteur : Naoshi Arakawa
- Traducteur  : Géraldine Oudin
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 115 x 175 mm, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 224(T1) et 208(T2) pages
- Date de parution : 9 avril 2015
- Numéro ISBN  : 978-2-35592-809-3 ; 978-2-35592-810-9
- Prix : 6,60 €


SHIGATSU WA KIMI NO USO © Naoshi Arakawa / Kodansha Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
19 mai 2015






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