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Fausses bonnes questions de Lemony Snicket (les), tome 3 : « Ne devriez-vous pas être en classe ? »
Lemony Snicket
Nathan, roman traduit de l’anglais (Grande-Bretagne), policier, 326 pages, avril 2015, 15,90€

Pas de repos à Salencres. Lemony et Theodora sont engagés par le Département d’Education pour enquêter sur un incendie de bergerie. Lemony a beau flairer une embrouille tant rien n’est cohérent dans cette histoire, sa tutrice persiste à ne pas l’écouter. D’autres incendies se déclarent, dévastant le logement du seul témoin, puis le collège. Tandis que les étudiants sont tous transférés à la très sélect Académie Wade, on arrête Dashiell Qwerty, le bibliothécaire, au grand dam de Snicket. Malgré l’aide de ses amis, réunis à la cafétéria, Lemony Snicket va avoir du mal à débrouiller ce mystère et à contrecarrer les plans d’Hangfire. Le jeu monte d’un cran...



(relire la chronique du tome 1 : « Mais qui cela peut-il être à cette heure ? », du tome 2 : « Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ? »)

Plus on avance dans les tomes des « Fausses bonnes questions de Lemony Snicket », moins on avait l’impression d’en savoir. Mais l’apprenti détective lâche quelques révélations dans ce 3e volume, comme pour confirmer, guère plus hélas, nos hypothèses. Deux scènes sont capitales : lorsque Lemony enlève ses chaussettes, et lorsqu’il affronte Theodora, osant enfin lui dire en face ce qu’il ne faisait que maugréer jusqu’alors. Le moment devient alors grave, Theodora abandonnant une seconde son masque de jovialité et son attitude hautaine pour révéler une personnalité brisée.

L’écriture est toujours au poil, entre les pensées et monologues intérieurs de Lemony qui font exprès l’impasse sur les informations majeures et nous font mariner dans notre jus, et les échanges pleins de sous-entendus avec ses compagnons. La littérature jeunesse est encore une fois très présente, et un titre majeur est évoqué régulièrement (le seul, les autres ne sont jamais cités nommément, trop facile sinon !) : « Le Vent dans les Saules », de Kenneth Grahame. Ce classique sert à la fois de sésame et de signe de reconnaissance. Il est vrai que cette histoire est un portail ouvert sur un imaginaire poétique que chaque enfant (et adulte) devrait avoir lu. Si mes souvenirs sont bons, il a été décliné en BD et en série animée. Bref, même si vous ne faites pas partie de la bande de Snicket, ou si vous envisagez un seul moment de postuler, vous DEVEZ connaître « Le Vent dans les Saules ».

L’intrigue, tome après tome, s’assombrit. Ce qui pouvait éventuellement passer pour anecdotique dans « « Mais qui cela peut-il être à cette heure ? » » ne l’est plus. La violence du finale de « « Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ? » ») avait balayé les derniers doutes : derrière l’apparence burlesque, les situations loufoques et les dialogues de sourds se cache bel et bien quelque chose de très sérieux. Hangfire, le Méchant de cette histoire, qui peut contrefaire les voix, a un Plan. Rien ne l’arrêtera, surtout pas une bande de gamins menée par un Lemony désormais libéré de toute entrave adulte.
Il n’y a pas encore de morts, mais cela pourrait arriver, littérature jeunesse ou pas. Les traîtres abondent déjà, un meurtrier ne ferait pas tache dans le tableau.

Une pointe de fantastique s’invite également, avec une Bête Bombinante qui serait peut-être plus qu’un mythe...

Mais voilà, avec les « Mauvaises questions.. », rien n’est jamais franc et net tant que Lemony n’a pas levé le voile du mystère, ou abattu ses propres cartes, comme à l’issue du plan qu’il conçoit à la fin de « Ne devriez-vous pas être en classe ?  ». Il faudra attendre le printemps prochain pour que toute la lumière soit faite sur les événements de Salencres, ainsi que sur la capture de la sœur de Lemony, dont on n’a que de brefs échos, mais qui ne semble pas tant due à la malchance que cela...
Donc, patience, patience, le temps de relire et décortiquer le moindre indice
contenu dans ces trois volumes, de trouver les bonnes questions, avant la conclusion.

Êtes-vous patient ? Moi non plus.
C’est d’autant plus difficile que la série se révèle bien plus complexe qu’elle n’y paraît, et qu’elle n’accroche pas que les jeunes lecteurs. Même ces derniers n’auront fait qu’une bouchée de ces 320 pages, tant l’écriture coule d’elle-même et qu’on se laisse emporter.
Ah, maudit Snicket, qui lève un coin du voile mais tarde à nous montrer ce qu’il a vu...


Titre : « Ne devriez-vous pas être à l’école ? »
Série : Les Fausses bonnes questions de Lemony Snicket, tome 3/4
Auteur : Lemony Snicket
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Rose-Marie Vassallo
Couverture et illustrations : Seth
Éditeur : Nathan
Collection : Jeunesse
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 326
Format (en cm) : 21,1 x 14,2 x 2,5
Dépôt légal : avril 2015
ISBN : 9782092541579
Prix : 15,90 €


Les Fausses bonnes questions :
tome 1 : « Mais qui cela peut-il être à cette heure ? »
tome 2 : « Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ? »
tome 3 : « Ne devriez-vous pas être en classe ? »
tome 4 : « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? »


Nicolas Soffray
8 mai 2015






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