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YozoneLittérature Critiques Jeunesse

WARP, tome 2 : Le Complot du colonel Box
Eoin Colfer
Gallimard Jeunesse, roman traduit de l’anglais (Grande-Bretagne), 441 pages, février 2015, 19,50€

Chevron Savano n’a pas regagné « son » avenir : les bouleversements provoqués dans « L’assassin malgré lui » ont poussé le colonel Box à avancer ses plans, pour s’assurer que la jeune agent du FBI ne lui mettent pas de bâtons dans les roues « plus tard ». Chevie est donc sorti du trou de Smart dans un autre XXIe siècle, où l’Empire de Box domine le monde. Prisonnière dans la tête de la Chevie de cette ligne temporelle, elle va réussir à retourner dans le passé, dans le Londres de 1899, pour « rétablir » l’avenir d’où elle vient, en faisant échouer les plans de conquête de Box.


Chevie parvient à fuir la dystopie totalitaire du XXIe siècle, mais elle entraîne avec elle deux Fulgurantes, soldates d’élite du pouvoir boxiste, Witmeyer et Vallicose. Si la première a un peu de recul sur les exactions commises au nom de la paix, la seconde est totalement fanatisée, et voue un culte au Saint Colonel. Elle se sent l’instrument du Divin pour galvaniser Box et renverser le gouvernement anglais. Parce qu’elle va lui révéler le futur, il ne peut pas échouer. C’est oublier la fragilité de l’avenir, jamais acquis, et que sa révélation peut à elle seule déjà le mettre en péril.

Chevron, déboussolée par le saut temporel et les deux personnalités qui coexistent dans sa tête (l’agent du FBI et la cadette de l’école boxiste), trouve refuge auprès de Riley, qui a déjà fort à faire : le gang des Béliers (auquel il a été contraint d’adhérer) vient d’être brusquement décapité. Farley, le tatoueur, en fait un agent de Box, vient de massacrer au pistolet-mitrailleur la suite du Roi Otto Malarkey, et va prendre la tête du gang, qui formera la première troupe de Box pour renverser le pays. Malarkey, Riley et Chevie se replient stratégiquement dans une cachette (surprenante) d’Otto, et préparent la contre-attaque.

Il faut un grand talent pour ne pas s’embrouiller dans le principe, pourtant simple en apparence, de paradoxe temporel. Eoin Colfer n’a rien à prouver dans ce domaine, entre le tome précédent et une aventure d’Artémis Fowl (« le Paradoxe du Temps ») qui traitait du phénomène. Les leçons de Smart, en exergue de chaque chapitre, sont aussi claires qu’instructives. Comme quoi, il suffisait d’écouter le savant, au lieu de le tuer (une 2e fois dans ce 2e volume, quand même).

Si on peut compter sur nos héros pour la partie romanesque et un peu loufoque, dans le fond ou la forme (avec un Malarkey aux cheveux indescriptibles et un coup de foudre fabuleux avec l’ennemi, entre autres), c’est du côté des méchants qu’il faudra regarder pour saisir le message de ce volume, comme le fanatisme aveugle de Vallicose, qui la conduira à des actes inimaginables lorsque la folie s’emparera de son esprit fragilisé par les multiples divergences entre la légende boxiste qu’on lui a inculquée et la réalité des actes de Box. Box lui-même, en militaire froid avec déjà un bon grain, est glaçant dans son irrésistible ascension vers le pouvoir, le retournement de ses méthodes de lutte contre le mal à son profit, et cette idée très présente chez les manipulateurs du futur, et donc au centre de nombreuses uchronies, que le futur qu’il écriront sera toujours meilleur que celui dont ils viennent. Comment, en effet, ne pas soutenir quelqu’un qui évitera à l’Europe deux Guerres mondiales ? Le tout est de savoir à quel prix. Pour Chevie Savano, qui connaît l’avenir version Box, c’est échanger la peste contre le choléra, un mal pour un autre.

Je ne m’étendrais pas une seconde fois sur la magnifique peinture du Londres de la fin du XIXe siècle, avec un gros accent sur l’hygiène et le réseau d’égouts, au centre de l’aventure. On s’y croirait, on sentirait presque l’odeur délétère.

Bref, un nouvel opus de Colfer qui allie parfaitement divertissement et réflexion, comme d’habitude. On aurait été déçus à moins. Mais Eoin Colfer nous a-t-il déjà déçus ?

Rappelons pour finir que le tome 1, « L’Assassin malgré lui », vient de ressortir au format poche. Idéal pour commencer la série.


Titre : Le complot du colonel Box (The Hangman Revolution, 2014)
Série : WARP, tome 2
Auteur : Eoin Colfer
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Jean-François Ménard
Couverture : Larry Rostant / James Fraser
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 441
Format (en cm) : 22,5 x 15,5 x 3,7
Dépôt légal : février 2015
ISBN : 9782070656608
Prix : 19,50 €


Tome 1 : « L’assassin malgré lui »



Nicolas Soffray
16 avril 2015







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