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Choc (T1) Les fantômes de Knightgrave (Première partie)
Stéphan Colman et Éric Maltaite
Dupuis

En 1955, le château de Knightgrave est racheté par le riche marquis Di Magglio, identité d’emprunt de M. Choc, le génie du crime craint par les polices du monde entier.
En se promenant dans le domaine et dans le vaste manoir, les souvenirs remontent.
M. Choc y a passé une partie de son enfance. Cherche-t-il à exorciser le passé ? À prendre sa revanche comme il l’a écrit, enfant, sur la statue d’un chevalier ? ...
Quelles sont ses réelles motivations ?



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La première apparition de M. Choc date de 1955 dans Spirou. Cette création du dessinateur Willy Maltaite et du scénariste Maurice Rosy est appelée à s’opposer au duo Tif et Tondu, héros dus à Fernand Dineur en 1938.
Incontestablement, il s’agit d’un des grands méchants de la BD. Avec son heaume, il marque les imaginations et ne s’oublie pas. Il est reconnaissable de suite. Mais qui se cache derrière ce masque d’acier ? Qui est vraiment M. Choc ?
Le propre fils de Willy, Éric Maltaite, et Stéphan Colman ressuscitent M. Choc 50 années après sa dernière apparition et lèvent le voile.

Les auteurs nous proposent riens de moins qu’un voyage dans le passé de Choc. Au moyen de flash-back, ils nous présentent un garçon innocent que les événements ont changé et éloigné du droit chemin.
Le procédé est habile car, en parallèle, on suit différentes périodes de l’enfance de Choc et son présent où il montre que sa réputation du crime n’est pas usurpée.

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Lors de sa déambulation dans le manoir et la propriété, Choc se souvient, les images reviennent à la surface. C’est ainsi que d’une case à l’autre, sans indication de temporalité, on peut passer d’une pièce vide au même lieu mais empli de vie. Un passé balayé, un passé que la jalousie et le malheur ont transformé pour le pire.

Le lecteur se prend d’affection pour Eden, cet enfant que sa mère française amène à Londres chez son soi-disant père cassé par la Grande Guerre, avant que, poussée par un drame, elle ne devienne domestique du château de Knightgrave.
Deux mondes cohabitent et s’il peut y avoir des interactions, la barrière existe toujours entre les riches et le petit peuple.

Là où c’est très fort, c’est que d’un côté, on prend fait et cause pour Eden et, qu’en parallèle, on ne peut cautionner les actes présents de Choc, celui qu’il est devenu. Pourtant, on comprend ce qui a poussé un enfant à ne plus croire en la bonté des hommes. Choc est le fruit de son passé, il aurait pu être tout autre s’il avait été plus tendre avec lui.
La démonstration est magistrale !

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Même si les époques se mélangent, que l’on saute d’un lieu à un autre, « Les fantômes de Knightgrave » s’avère passionnant. Les 88 pages ne nous laissent pas insensibles. De plus, je trouve le dessin et la colorisation justes. C’est vraiment de la belle ouvrage qui nous plonge dans l’histoire avec brio.
Le manoir de Knightgrave est grandiose, impressionne par son immensité, tout comme le résultat de ce retour réussi de M. Choc, un méchant à double face que l’on appréhende plus de la même façon, car on lui trouve à présent des excuses et c’est la société qui passe au rang des accusés.

Ce premier tome est de toute beauté. Son scénario habile avec d’incessants flash-back et ses planches parfaitement maîtrisées et accrochant le regard nous font attendre avec impatience le dernier volet de ce diptyque.


(T1) Les fantômes de Knightgrave (Première partie)
- Série : Choc
- Scénario : Stéphan Colman
- Dessin  : Éric Maltaite
- Couleurs : Lady C. et Éric Maltaite
- Éditeur : Dupuis
- Collection : Grand Public
- Dépôt légal : 25 avril 2014
- Format : 24 x 31,8cm
- Pagination : 88 pages couleurs
- Numéro ISBN : 978-2-8001-5757-3
- Prix public : 16,50 €


Illustrations © Éric Maltaite et Éditions Dupuis (2014)



François Schnebelen
28 juillet 2014






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