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YozoneLittérature Critiques Jeunesse

Widdershins, tome 1 : Le Pacte de la Voleuse
Ari Marmell
Lumen, roman (USA), fantasy, 412 pages, avril 2014, 15€

Widdershins est une voleuse intrépide, trop pour sa santé. La Cité de Davillon est son terrain de chasse. Ses amis sont rares, ses ennemis beaucoup moins : la Garde, avec son jeune major Julien Bouniard, et certains éléments de la guilde des voleurs, comme la capitaine Lisette qui a la rancune tenace et attend le moindre faux pas pour se débarrasser d’elle.
Mais Widdershins n’a pas toujours été voleuse. Orpheline très jeune, celle qui s’appelait Adrienne Satti a vécu un temps dans la rue avant d’être recueillie et adopté par Alexandre Delacroix, un noble dont les revers de fortune sont désormais du passé. Initiée par lui à la vie de la haute société, Adrienne pensait ne jamais avoir à retourner à ses acrobaties. Hélas, le destin en a voulu autrement...
Et aujourd’hui, alors que William de Laurent, le représentant de la Haute Église et des 147 dieux du Pacte Sacré, est en visite à Davillon, Widdershins découvre qu’on cherche à tuer le prélat. Un acte qui pourrait déclencher une guerre de religion dans la cité, où chaque Maison et corps de métier, gardes et voleurs compris, a sa divinité tutélaire.
C’est donc sur ses épaules que repose la paix. Heureusement qu’elle a un dieu avec elle !


« Widdershins : Le Pacte de la Voleuse » est, disons-le sans détour, de la très bonne fantasy jeunesse. L’histoire commence sur des chapeaux de roues, tandis que la garde découvre un massacre perpétré autour de la statue d’un dieu extérieur au Pacte. Toutes les victimes appartenaient à de grandes Maisons, liées depuis des générations à des dieux du Pacte, aussi le scandale est-il a craindre si l’affaire s’ébruite. Ils l’ignorent, mais il y a une survivante, bien cachée : Adrienne Satti. Et Olgun, le dieu que tous adoraient, et qui s’accroche à sa dernière croyante, sous peine de disparaître.

Mais cela n’était qu’un des premiers flash-backs qui parsèment le roman. Aujourd’hui Adrienne a disparu, ne reste de Widdershins, la voleuse d’autant plus talentueuse qu’elle a un dieu comme équipier permanent. Certes pas très puissant, Olgun fait souvent pencher la balance en sa faveur, comme un sixième sens ou une chance insolente. Et comme Widdershins est une fichue tête brûlée qui pense peu aux conséquences de ses actes, ce n’est pas superflu.

La dernière lubie de la jeune fille : aller cambrioler les appartements de l’archevêque William de Laurent, en visite à Davillon. Juste pour l’exploit, pour rabattre le caquet de la dangereuse capitaine Lisette, qui la déteste. Mais lorsqu’elle découvre un assassin dans la maison, elle abandonne ses plans et prévient l’archevêque avant de s’enfuir, attirant comme elle le craignait l’attention sur elle. Car bien des gens en veulent à Widdershins, mais certains en ont aussi après Adrienne Satti...

Ari Marmell exploite bien ces inserts de scènes passées pour nous éclairer sur la vie et les aventures passées de son héroïne, mais sans en abuser (contrairement au système exploité à fond par Timothée de Fombelle dans « Tobie Lolness », par exemple). Chaque chapitre « antérieur » est bien daté pour signaler la chronologie des évènements, et sera souvent ressenti comme une résurgence d’un souvenir de Widdershins qu’elle avait refoulé ou tenté d’oublier.

Le récit alterne les points de vue, la majeure partie revenant bien sûr à l’héroïne, mais le major Bouniard occupe une belle seconde place, en tant qu’enquêteur « officiel » de cette histoire et souffre-douleur préféré de la voleuse qui l’asticote régulièrement, en abusant de son bon fond (et de son innocence dans les cas qu’il traite). Il n’hésitera pas à l’arrêter arbitrairement à l’arrivée de l’archevêque pour prévenir d’éventuels dangers, et elle se fera la belle à ses dépens.
De cette évasion vont découler beaucoup de réactions, et un complot très complexe se tisse autour de Widdershins et l’archevêque, car les forces en présence sont nombreuses, les buts de chacune mal connus, et surtout elles ont tendance à employer, pour leurs basses œuvres, le même personnel qualifié qui, selon son niveau intellectuel, essaie de tirer son épingle du jeu et de grappiller quelques marques d’or supplémentaires en jouant sur deux tableaux. Mauvaise idée...

Si les aventures passées de Widdershins ne sont guère détaillées (loin des plans bien préparés de Locke Lamora, par exemple), l’auteur nous sert tout de même de belles scènes d’action, duels et courses-poursuites, qui ajoutent une bonne dose d’adrénaline dans la vie presque trop facile de sa talentueuse voleuse. Cela équilibre le récit avec les interactions très familières de Widdershins avec ses amis (elle est un peu sans-gêne et envahissante), son dieu omniprésent y compris, et les répliques acerbes et bourrées d’ironie facile qu’elle échange avec ceux qui en veulent à sa vie et sa liberté. Il faudra vraiment que les choses s’enveniment, et qu’elle paie le prix de sa légèreté, pour qu’elle prenne un peu de plomb dans la tête. Hélas, pour certaines choses il sera trop tard...

Une lecture facile et prenante, une structure saupoudrée de flash-backs, n’oublions pas une intéressante réflexion sur la religion avec le Pacte et les dieux tutélaires, « Widdershins » n’a pas à rougir de son étiquette jeunesse. Ceux qui en voyant la couverture de Paolo Barbieri auront pensé à la série du « Monde émergé » de Licia Troisi y trouveront une histoire apparemment moins sombre, plus intimiste (tout se passe dans Davillon, et pour l’instant pas question de sauver le monde), avec des personnages très attachants et de l’action, du mystère et des intrigues à foison.

Vivement donc la traduction des deux tomes suivants déjà parus en VO (sur 4 annoncés par Lumen), False Covenant et Lost Covenant.


Titre : Le Pacte de la Voleuse (Thief’s Covenant, a Widdershins Adventure, 2012)
Série : Widdershins, tome 1/4
Auteur : Ari Marmell
Traduction de l’anglais (USA) : Emilie Gourdet
Couverture : Paolo Barbieri
Éditeur : Lumen
Site Internet : (pas encore de site éditeur à cette heure)
Pages : 412
Format (en cm) : 22,5 x 14 x 3,8
Dépôt légal : avril 2014
ISBN : 9782371020030
Prix : 15 €


Widdershins
- I Le pacte de la voleuse
- II Le pacte du mensonge
- III Le pacte brisé
- IV (2016)



Nicolas Soffray
20 avril 2014







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La couverture originale (notez la citation de Scott Lynch en exergue !)