YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Btooom ! (T8)
Junya Inoue
Glénat Manga

Masahito montre enfin son vrai visage, celui d’un homme sans la moindre morale, jouant avec les autres joueurs pour mieux les trahir dans son propre intérêt. Et Ryota est sa première cible, piégeant la valise contenant les soi-disant médicaments pour soigner Kiyoshi. Un petit tour de passe-passe pour éliminer cette maudite Shiki et le voici seul face à une Himiko désarmée sauf... Sauf que rien ne s’est passé comme cela. En réalité, Ryota est parvenu à éviter le souffler de l’explosion en sautant dans l’ouverture d’un conduit. Et le voici, tel un diable sortant de sa boite, de nouveau face à Masahito. Le chirurgien découvre que même son expérience d’un premier jeu ne suffit pas à vaincre la ténacité et l’envie de vivre de ces deux maudits gamins.



Mais où sont ces maudits gamins ? Ils avaient promis de revenir vite avec de quoi le soigner, mais encore une fois, Kiyoshi se retrouve seul. Bon, au moins, il peut manger à sa faim mais la fièvre est toujours bien présente et la folie aussi car sinon pourquoi aurait-il ces visions de sa femme et de son fils ? Ce dernier n’était pourtant pas encore prêt à perdre son père, il est trop faible, trop protégé par sa mère. Il doit apprendre à se fortifier, Kiyoshi doit lui apprendre à se fortifier, afin qu’il puisse se battre dans la vie. Et même quand les gamins reviennent avec des médicaments et lui font un point de la situation, Kiyoshi sent bien qu’ils ne lui disent pas tout. Bon, lui non plus ne leur a pas révélé qu’il possédait deux pierres... Le temps passe trop vite, il ne supporte plus l’île, il faut qu’il retrouve sa famille... Maintenant !

JPEG - 51.1 ko

Ce tome 8 de « Btooom ! » s’ouvre sur la résurrection de Ryota, ou plutôt sur l’explication de sa survivance à l’explosion de la mallette. Junya Inoue va toutefois limiter cet épisode à du politiquement très correct. Les lecteurs de mon age aurait bien aimé une bonne vieille vengeance, un peu à la façon de « Battle Royale », mais nous sommes dans un manga qui se borne strictement aux limites qu’offre le shonen et non le seinen. Masahito ne mourra donc pas en étant exécuté par ceux qu’il a persécutés. Réaction d’autant plus étonnante pour Shiki, cette infirmière qu’il a pourtant torturée dans bien des sens du terme. Le changement d’attitude de la jeune femme a de quoi surprendre, surtout après celle qu’elle a montré avec Ryota.

En fait, la partie la plus intéressante et qui se finira de manière bien plus réaliste concerne la folie de Kiyoshi. Entre la fièvre, la pression et la schizophrénie, rien ne sera épargné à ce personnage. Junya Inoue nous montre comment la folie peut gagner un esprit déjà bien affaibli et comment un homme peut perdre toute morale en peu de temps. L’évolution de ce personnage à travers les derniers tomes ne pouvait qu’aboutir au final de ce tome 8 réellement passionnant et, cette fois, dans une logique seinen, mais toujours très morale. Cet événement va aussi pousser Ryota a une introspection sur son comportement avec les autres. Une vision lucide de son attitude et une tentative de rédemption à travers Kiyoshi, mais dans ce cas, Junya Inoue garde son fil rouge et joue plus sur le rapprochement entre Ryota et Himiko, qui annonce un tome 9 où les deux jeunes pourront vraiment laisser s’exprimer leurs sentiments.

Ce tome 8 de « Btooom ! » demeure à demi-teinte mais à au moins le mérite de nous offrir un dernier chapitre très fort et qui relance le suspense et la dynamique de l’aventure.


Btooom ! (T8)
- Auteur : Junya Inoue
- Traducteur : Djamel Rabahi
- Éditeur français : Glénat Manga
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination : 194 pages
- Date de parution : 2 mai 2013
- Numéro ISBN : 978-2-7234-9456-4
- Prix : 7,60 €


A voir sur la Yozone :
Btooom ! (la bande annonce)
Btooom ! (T1)
Btooom ! (T2)
Btooom ! (T3)
Btooom ! (T4)
Btooom ! (T5 et 6)
Btooom ! (T7)


© Edition Glénat - Tous droits réservés


Frédéric Leray
19 mai 2013






JPEG - 23.4 ko



JPEG - 33.5 ko



JPEG - 21.4 ko



JPEG - 21.7 ko



WebAnalytics