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Temudjin (T1) La belle Mort
Antoine Ozanam et Antoine Carrion
Daniel Maghen

Le chaman Ozbeg a eu une vision, celle d’un enfant dont le destin est de suivre les pas du grand Gengis Khan. La naissance d’un homme capable de réunifier les terres mongoles apparaît comme un présage toutefois fragile et Ozbeg décide donc d’élever seul l’enfant. Et le destin semble lui donner raison car l’enfant est vu comme le fils d’un démon par les hommes du village et personne n’a très envie de voir arriver le rejeton du démon loup de la foret. Dès ses premières secondes, le choix entre laisser vivre la mère ou l’enfant s’impose. Ozbeg n’hésite pas et le voici devenu le père adoptif du jeune Temudjin.



Temudjin se révèle posséder des dons innés de shaman et il suit alors l’enseignement d’Ozbeg. Le garçon capture les âmes errantes, exorcisant ceux demandant leur aide. Mais les missions qu’accepte son père adoptif ne sont pas toutes sans danger surtout quand l’être possédé est un énorme ours ou encore un groupe de morts revenus vivre parmi les humains. Les années passent et si Temudjin s’améliore en tant que shaman, Ozbeg perd de ses réflexes et reçoit une blessure qui ne laisse que peu d’espoir au vieil homme. Ayant perdu la foi dans ce qu’il fait, il sait qu’il est alors temps de laisser Temudjin faire face seul à son destin... et à ses démons...

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Après avoir touché un peu à tout ce qui a un lien avec le septième art et internet, Antoine Ozanam se consacre depuis 2004 exclusivement au scénario dont ceux de séries BD comme « Le Chant des Sabres » ou encore « L’Ombre Blanche ». Avec « Temudjin », Ozanam s’attaque à l’Asie et sa philosophie.

L’histoire du jeune Temudjin pose le problème de la répétition de le l’histoire et d’une certaine immuabilité des événements, une philosophie que l’on retrouve assez communément dans le manga. Peut-on lutter contre son destin ? Le jeune Temudjin va se poser cette question durant son initiation en compagnie du shaman Ozbeg. Temudjin est sensé être l’incarnation de Gengis Khan, le grand conquérant mongol. Mais l’image qui nous est montrée tranche radicalement avec celle que les européens ont du grand Khan. L’univers dans lequel grandit Temudjin est baigné de fantastique, l’enfant capturant les âmes errantes. Mais le récit même de sa naissance nous montre que l’enfant n’est pas un humain comme les autres car fils d’un démon loup. Si son enfance est mis sous le signe de l’initiation au shamanisme et à la compréhension des esprits, la mort d’Ozbeg, son mentor, marque aussi sont passage à l’age adulte et la découverte de l’amour, non pas avec une femme mais un esprit de la forêt. Toutefois, cette découverte de l’amour est un rite de passage devant libérer l’âme du guerrier. Trois temps, trois périodes de la vie de Temudjin. Deviendra-t-il un nouveau Khan ? Je vous laisse le découvrir. Certes, certains risquent d’être quelque peu frustrés par la fin de ce one shot, préférant laisser libre cours à l’imagination du lecteur pour déterminer la véritable fin.

L’univers de « Temudjin » est tout en imaginaire, en métaphores et en rêves. Il fallait donc un dessin capable de mettre en images les différentes phases de la vie de Temudjin. Pour cela, Ozanam collabore de nouveau avec Antoine Carrion. Son dessin se veut être un mélange de style venant de « Métal Hurlant » ainsi que du manga. Les événements sont souvent marqués par une couleur prédominante sur toute la ou les planches l’illustrant. Plus riche en détails que ne le laisse penser un coup d’œil trop rapide, Antoine Carrion nous offre des personnages au visage souvent taillé à la serpe, dur comme les terres mongoles. Il ne l’attendrit que pour les quelques femmes qui se mêlent au destin de Temudjin. Son entourage reste toutefois très masculin, sauvage, mais surtout peuplé d’esprits. Ceux-ci seront souvent dessinés tout en finesse hormis pour le démon loup.

« Temudjin » est une oeuvre profonde, interrogeant le lecteur sur le destin mais lui présentant aussi la vie à travers les initiations qui accompagnent un homme, surtout quand celui-ci incarne l’espoir de tout un peuple.


Temudjin (T1) La belle Mort
- Scénario : Antoine Ozanam
- Dessin et couleurs : Antoine Carrion
- Éditeur : Daniel Maghen
- Dépôt légal : 17 mai 2013
- Format : 248 x 328 mm
- Pagination : 102 pages couleurs dont un cahier graphique de 18 pages
- Numéro ISBN : 9782356740250
- Prix public : 18,50 €


© Editions Daniel Maghen - Tous droits réservés


Frédéric Leray
17 mai 2013






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