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YozoneLittérature Critiques

Crop Circles et autres nouvelles
Jonas Lenn
La Clef d’Argent, KholekTh n°22, nouvelles (France), SF écolo, 161 pages, mai 2013, 9€

Je ne tenterai pas de surpasser l’éloge de Jonas Lenn que le grand Jean-Pierre Andrevon signe en préface (d’autant que vous pouvez la lire sur le site de l’éditeur). Le simple fait qu’un tel géant de l’imaginaire français écrive une telle préface est la preuve que nous avons affaire à quelque chose qui mérite de s’y arrêter.


J’avais beaucoup aimé la SF d’anticipation de « Manhattan Stories », et adoré les truculentes aventures de Coolter et Quincampoix (« La Spirale de Lug » et « Captifs de Terroma ? ».
Mais Jonas Lenn a d’autres cordes à son arc. Certes, il écrit pour la jeunesse (« Kinshasa »), mais voilà avec « Crop Circles » quelques nouvelles sorties des tiroirs, avec lesquelles il se hisse à un autre niveau.

Un profond amour de la Terre ressort de ses textes qui oscillent entre l’anticipation et la SF (la frontière est, il est vrai, des plus floues). En ce XXIe siècle débutant et déjà de mauvais augure pour la planète, la campagne est un refuge fragile.

Dans “Une porte sur l’hiver”, un homme fuit la ville. Au crépuscule de sa vie, la guerre sera venue le chercher jusque-là, tandis qu’un mystère dans une cabane sera résolu. Si le procédé est devinable, on se laisse volontiers emporté par la plume, car ce n’est pas ce mystère qui importe, au fond, c’est tout le reste : la relation du narrateur avec sa compagne, et le monde qui s’esquisse derrière lui. Idem de “Au jardin de mon père” : au chevet de son géniteur mourant, le fils est entraîné à ses côtés dans les mondes virtuels forgés par les souvenirs de sa vie entière, remontant ainsi sa propre histoire, voyant comment le monde a changé, comment la Nature a été malmené, brisée, défendue, ressuscitée par des gens comme ses parents. En pleurant son père, il pleure son passé, ses racines, dont nous semons actuellement les graines. “La ferme enchantée” est un peu plus optimiste : un délégué de la multinationale d’OGM qui contrôle l’agriculture planétaire vient s’assurer qu’un fermier respecte les copyrights. Il découvre au lieu de cela une agriculture alternative, alliée aux nouvelles technologies et d’autres plus anciennes. Déclenchera-t-il la machine répressive ? Enfin, “Adieux à Genêts” ressemble à un déménagement. Les enfants viennent aider à vider la maison familiale, que les parents ne peuvent plus assumer financièrement. Direction un petit appartement, une boîte sans âme dans une résidence uniformisée. Sauf que... ce n’est pas tout à fait réel. Je ne vous en dis pas plus, mais sans être une nouvelle à chute, il est un aspect majeur de cette histoire qui donne froid dans le dos, et fait réfléchir sur l’avenir de notre société numérique...

Deux textes se démarquent un peu. L’éponyme “Crop circles” parle, of course, d’extra-terrestres, du point de vue du paysan dont on ravage les champs. Drôle, mais pas que. Étrange, sûrement.
Enfin, “D’une vie l’autre” rejoint “Adieux à Genêts” sur le thème de la société de l’information. On parle ici de vies antérieures, de réincarnation, et de droit pénal. Ou comment payer vos crimes passés dans votre prochaine existence... Arbitraire, injuste ? Oui, mais c’est la vie.

De tous ces textes se dégage une vision presque unifiée d’un avenir pas forcément rose, et difficilement vert, quoique. Dans le XXIe siècle selon Jonas Lenn, la Nature sera au cœur de nos combats, face à des groupes comme Monsanto certes, mais pas seulement. “Privatiser le monde” (est-ce un vrai slogan ou vient-il d’un texte de SF ? je ne sais plus) sera devenu une réalité. Les gouvernements, les pays s’effaceront, au profit du globe, du Monde. Les technologies numériques nous aideront à être partout depuis n’importe où. Et il sera de plus en plus difficile de vivre hors le monde, comme autrefois... Le Monde nous rattrapera, mort ou vif. Quant au droit à l’oubli, il semble que cela soit comme toujours une question de fortune, à tous les sens du terme...

La SF oscille souvent entre hypothèses plausibles et excès préventifs. « Crop Circles » trouve son équilibre entre les deux, dépeignant un futur pas si improbable, pas si sombre finalement.
Donc, lisez Jonas Lenn, vous saurez ce qui nous attend peut-être.


Titre : Crop circles (nouvelles)
Auteur : Jonas Lenn
Préface : Jean-Pierre Andrevon
Nouvelles :
- Une porte sur l’hiver
- Crop circles
- Au jardin de mon père
- D’une vie l’autre
- La ferme enchantée
- Adieux à Genêts
Couverture : Victor Habbick
Éditeur : La Clef d’Argent
Site Internet : fiche du roman (vous pouvez y lire le début de certaines nouvelles)
Collection : KholekTh
Numéro : 22
Pages : 161
Format (en cm) : 17,5 x 11 x 1,5
Dépôt légal : mai 2013
ISBN : 9791090662148
Prix : 9 €




Nicolas Soffray
29 juin 2013







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