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Lignée : Nina Volkovitch – Tome 1 (La)
Carole Trébor
Gulf Stream Editeur, roman français, historico-fantastico-aventuresque, 220 pages, septembre 2012, 14,90 €.

Nina a beau avoir quinze ans, elle a la taille d’une gamine de dix.
Ce qui va l’aider lorsqu’elle devra résister à son emprisonnement dans un orphelinat de redressement dans la Russie Soviétique de la fin des années 40.
Un endroit lugubre où elle a été enfermé car sa mère était une déviante au système soviétique mis en place par le petit père du peuple, le camarade Staline.
Un endroit ignoble d’où elle doit s’échapper absolument pour survivre et retrouver sa mère…



Le premier tome de cette nouvelle trilogie venue de l’Est est extrêmement étrange.

Côté décorum, celui choisi n’est vraiment pas habituel.
La Russie Soviétique d’après guerre n’est pas l’endroit le plus fun au monde. Et les mésaventures de Nina Volkovitch nous le démontrent.
L’orphelinat est un véritable camp de retournement psychologique. Tous les enfants retenus sont des enfants de traîtres à la mère patrie et doivent donc renier l’hérésie de leur parent et s’imprégner de la logique communiste (même si le terme n’est pas forcément beaucoup mis en avant, là n’étant pas forcément le propos). Certains le feront très bien, même si leur fond naturel ne les quitte pas finalement. D’autres comme Nina ne peuvent s’y résoudre.
L’ambiance est sombre et ne donne pas envie de faire un voyage en Russie.

Côté rythme, l’aspect parfois hésitant est donné par une écriture assez « normée », comme si elle était touchée par la rigueur du système soviétique. Un côté exalté parfois et en même temps une sorte de retenue indéfinissable. Il faut dire que Nina, fille du pays, nous conte son histoire, d’où peut-être ce style si particulier.
On découvre d’ailleurs tout par ses yeux qui s’ouvrent sur une réalité pas très folichonne. Nina n’est pas vraiment révoltée, elle cherche juste à retrouver ses parents, refonder un foyer, ce que lui avait promis la nation, mais que lui a pris la nation.

Côté intentions, elles oscillent entre une dénonciation de ce système perverti et une quête des parents, comme dans de nombreux romans d’aventures. On pourrait tout à fait penser à cette fameuse vague récente de la dystopie. Sauf qu’ici, les bases du système sont le reflet d’une réalité passée et pas une extrapolation angoissée de notre futur.

Enfin, dès la première page, le lecteur est prévenu qu’une chose étrange et fantastique va se passer avec un parchemin datant du 16ème siècle nous dévoilant une hérésie.
Mais les révélations quant à cette fameuse lignée du titre se font un peu désirer. Même le côté fantastique que l’on sent pointer au fur et à mesure apparaît un peu trop lentement. On aurait voulu en avoir un peu plus pour adhérer totalement à ce personnage insolite qu’est Nina.

On ferme donc le bouquin en ayant quelques éléments à disposition, suffisamment intrigants pour donner envie d’y retourner, en se disant que maintenant tout va se passer, ce que devra confirmer le tome 2 intitulé « Le Souffle » et prévu pour janvier 2013.


Titre : La lignée
Série : Nina Volkovitch –Tome 1
Auteur : Carole Trébor
Couverture : Cali Rezo
Éditeur : Gulf Stream Editeur
Pages : 220
Format (en cm) : 14,2 x 22 x 1,8
Dépôt légal : septembre 2012
ISBN : 978-2354881719
Prix : 14,90 €



Michael Espinosa
15 septembre 2012






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