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Blood Lad (T1)
Yuki Kodama
Kurokawa

Staz est un véritable otaku, il est totalement obsédé par tout ce qui est mangas, figurines, produits dérivés, dès qu’il peut ramener chez lui quelque chose de la culture moderne japonaise, il n’hésite pas une seule seconde. Sauf que Staz n’est une personne normale, il n’est même pas humain. En fait, Staz est un vampire, un seigneur du monde des démons. Il règne sur son territoire en tant que boss mais ne rêve que d’une seule chose : pouvoir faire un tour dans le monde des humains. Seulement, même s’il est un démon supérieur, tout ne lui est pas permis. Alors, quand un de ses hommes de main lui apprend qu’une humaine s’est perdue dans son territoire, son sang ne fait qu’un tour : il lui la faut !



Mais ce n’est pas pour la dévorer ou lui sucer tout son sang. Non, Staz veut en savoir plus sur les humains, sur leur univers. Et puis, il y a cette étrange sensation en voyant Fuyumi, comme si son coeur allait exploser. Mais ce moment de joie sera de courte durée. Le temps de s’occuper d’un petit plaisantin qui voulait prendre sa place et à son retour, la demoiselle a été dévorée par une plante carnivore et elle n’est plus qu’un fantôme. Seulement, la divine sensation a disparu avec son véritable corps. Il n’y a plus qu’une solution : ressusciter la demoiselle. Mais comment faire ? Et si la solution était sur terre ? Mais là encore faut-il pouvoir y aller et avec une fantôme, ce ne sera pas simple. Toutefois, le destin semble vouloir aider notre jeune vampire qui retrouve la porte qui a amené Fuyumi dans le monde des démons... Tokyo et ses quartiers de tentation s’ouvrent à lui !

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Comme l’annoncent avec justesse les éditions Kurokawa sur leur site, les fans de « Twilight » vont détester « Blood Lad » car ce manga est véritablement excellent. Yuki Kodama s’attaque au monde des vampires par le côté humoristique. Staz est un vampire totalement atypique, qui est passionné par les humains et surtout la culture geek et la japanimation. En fait, Staz est la caricature de l’otaku, mais là où Yuki Kodama est très malin, c’est qu’il ne lui ôte pas non plus sa nature purement démoniaque. Le côté vampirique est plus une figure de style pour, là aussi, jouer sur la caricature. Staz le dit lui-même, il ne craint pas l’ail, ni les crucifix et supporte assez bien le soleil. Il se moque aussi du style gothique dont on veut absolument affubler les vampires, trouvant ces habits démodés et laids. Oui, Yuki Kodama se moque des clichés sur les vampires et ne va pas s’arrêter là.

L’histoire va se dérouler entre la terre et le monde des démons, même si le séjour parmi les humains de Staz sera de courte durée. En fait, Staz va découvrir l’amour avec Fuyumi, mais c’est l’humaine qui fait vibrer son coeur, pas un fantôme, et en voulant la ressusciter, c’est cet amour qu’il recherche. Mais une autre damoiselle va semer le trouble entre les deux personnages et ajouter une nouvelle dose humoristique. En fait, tous les personnages vont participer d’une manière ou d’une autre à l’évolution du comique de situation, le tragique n’ayant pour le moment aucunement sa place. Même la mort de Fuyumi au début du tome est plus drôle qu’autre chose.

Côté graphique, Yuki Kodama se rapproche beaucoup de Kazue Kato, l’auteur de « Blue Exorcist ». Yuki Kodama aime aussi se mettre en danger avec de grandes cases et des pleines pages. Il prend le risque d’être attaqué sur la pauvreté de ses décors, toutefois, il rattrape l’affaire avec des personnages bien maîtrisés, des traits assez typés pour bien identifier les protagonistes et des effets intéressants pour différencier les démons des autres humains. Yuki Kodama aime mettre Fuyumi dans des situations embarrassantes, il parvient à faire passer les sentiments et les émotions de ses personnages, certes par des techniques classiques mais efficaces.

« Blood Lad » possède toutes les qualités pour en faire une bonne série de fantastico-humoristique. A suivre dans la continuité.


Blood Lad (T1)
- Auteur : Yuki Kodama
- D’après l’œuvre de : Kotaro Isaka
- Traducteur  : Kayo Chassaigne-Nishino
- Éditeur français : Kurokawa
- Format : 128 x 182, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 176 pages
- Date de parution : 10 mai 2012
- Numéro IBSN : 2-351-42692-4
- Prix : 7,65 €


© Edition Kurokawa - Tous droits réservés


Frédéric Leray
14 mai 2012






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