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Rencontre avec Alain Pozzuoli
Un entretien placé sous le signe du vampire
juin 2005


Grand spécialiste du vampirisme, Alain Pozzuoli, auteur du récent Dracula : Le Lexique du Vampire a accepté de répondre à nos questions. Retour sur une rencontre à vous glacer les sangs.

Bonjour Alain. Pourriez-vous vous présentez en quelques mots ?

« Bizarrement j’ai fait des études de droit et de cinéma avant de me lancer... dans la chanson comme parolier ! J’ai écrit pour différents artistes dont Magali Noël (l’égérie de Federico Fellini) et Marie Laforêt, puis je me suis tourné vers la télévision. J’ai ensuite écrit un téléfilm pour Antenne 2, Dépêche de nuit, qui était l’adaptation d’une nouvelle de H.F. Arnold, un auteur américain des années 30 qui l’avait publiée dans la célèbre revue Weird Tales. Puis je suis passé à la radio, j’ai commencé à proposer des adaptations de grands classiques de la littérature fantastique à France-Culture, et c’est comme ça que j’ai commencé à travailler sur Bram Stoker. J’ai notamment écrit une dramatique en deux parties (2 fois une heure) sur la vie de Stoker (C’est Jean-Luc Bideau qui y tenait le rôle de Stoker), et dans la foulée j’ai publié la biographie, Bram Stoker, prince des ténèbres. De là est parti tout le travail que j’ai fait par la suite (souvent en collaboration avec le traducteur Jean-Pierre Krémer) sur Bram Stoker, et par extension sur Dracula et les vampires. »

Depuis quand et pourquoi cet intérêt pour les vampires ?

"Je pourrais dire depuis toujours ; en fait depuis l’adolescence. À l’époque, les films de Dracula (avec Christopher Lee) étaient interdits aux moins de 18 ans, donc je ne pouvais pas les voir, mais le peu que j’en voyais en extraits à la télévision m’intriguait énormément. Puis un jour, tout à fait par hasard, j’ai découvert le livre de Stoker dans une librairie. Je ne savais pas alors qu’à l’origine des films il y avait ce roman, ça a été une véritable révélation, et Dracula est devenu mon livre de chevet pendant des années !
Quant au pourquoi, je pense qu’à l’époque c’est le côté sulfureux, interdit qui m’attirait, et puis il y a cette théâtralité qu’on trouve dans les films de la Hammer qui de façon vénéneuse vous attirait irrémédiablement. Une version « gothique » du fruit défendu en quelque sorte ! En fait Dracula est un mythe qui, à mon sens, restera vivace éternellement, ce n’est pas un phénomène de mode comme d’autres personnages de la littérature ou du cinéma, cela va bien au-delà (sans jeu de mots !).« D’où vient cette idée de regrouper des informations très différentes sur Dracula et le vampirisme en général ? »J’adore le principe des compilations, des anthologies et j’aime beaucoup les dictionnaires. Je pense que c’est un excellent moyen pour amener à la lecture, pour s’intéresser à un sujet ; donc ça ne pouvait que finir comme ça !« Un tel ouvrage doit demander beaucoup de recherches. Combien de temps vous a-t-il fallu pour compiler toutes ces informations ? »Impossible à chiffrer car c’est un travail qu’on ne fait pas dans la continuité. On regroupe des informations de droite et de gauche et, au bout, on a un livre. Ça se calcule en mois !« Pourquoi un lexique, une sorte de grand dictionnaire et de guide touristique sur les vampires alors qu’il existe plusieurs ouvrages plus spécialisés sur le thème ? De plus, vous êtes plutôt un anthologiste. »Justement parce que le principe du dictionnaire n’existait pas, que c’était une nouvelle façon de présenter la chose, et qu’ainsi ça permettait d’ouvrir sur des aspects qui n’avaient pas été abordés dans les ouvrages déjà parus. Quant à votre dernière phrase, je vous renvoie à la première question-réponse, je ne suis heureusement pas qu’anthologiste !« En quoi pensez-vous que ce lexique peut apporter une nouveauté à ce que les amateurs connaissent déjà ? Ou destinez-vous ce livre à des »non-initiés«  ? »Par la diversité des infos qu’il contient, et par l’aspect « guide » qui peut-être amusant à utiliser sur les lieux mêmes (Londres, Dublin, la Roumanie, etc.) si le lecteur est amené à s’y rendre un jour.
En fait, je pense sincèrement que ce lexique peut s’adresser aussi bien aux amateurs « éclairés » qu’aux non-initiés. Il propose des entrées sur des sujets aussi inattendus que la chanson, la publicité, la peinture, qui a priori n’ont que peu de rapport avec le sujet... Et pourtant....« Avez-vous quelque chose à ajouter, à dire aux personnes qui liront l’article ? »Je dirais à ceux qui connaissent et s’intéressent déjà à Dracula qu’ils y retrouveront, je l’espère, ce qu’ils y cherchent, et aux autres qu’ils découvriront un univers plein de surprises, et que ma plus belle récompense serait de leur donner envie de lire (ou relire) le roman de Bram Stoker (ainsi que ses autres ouvrages !)"

Bibliographie d’Alain Pozzuoli

1. L’homme de Shorrox (2001) (textes de STOKER Bram), Editions Mille et Une Nuits n° 328, 2001.
2. La coupe de cristal (2001) (textes de STOKER Bram), Editions Mille et Une Nuits n° 319, 2001.
3. Le bestiaire des écrivains (2001) (avec BRETET Christian), Les Belles Lettres, 2001.
4. Momies (2001), Ed. de l’Oxymore, coll. Emblèmes n° 3, 2001.
5. Cités perdues (2003), Ed. de l’Oxymore, coll. Emblèmes n° 8, 2003.
6. Sociétés secrètes (2003), Ed. de l’Oxymore, coll. Emblèmes n° 10, 2003.
7. Bram Stoker : Oeuvres (2004) (avec KREMER Jean-Pierre, textes de STOKER Bram), Presses de la Cité, Coll. Omnibus, 2004.
8. French Gothic (2004), Les Belles Lettres, 2004.
9. Le sang des écrivains (2004), Ed. A Contrario, 2004.
10. Les morsures du loup-garou (2004), Les Belles Lettres, 2004.
11. Baisers de sang - 20 histoires érotiques de vampires (2005), Les Belles Lettres, 2005.


Cécilia Jamart
13 juillet 2005


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