YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Bienvenue au Gamurakan (T1)
Yôji Fukuyama
Casterman, (coll. Sakka), mars 2005


Une propriétaire assez âgée contacte un avocat afin de faire expulser des locataires mauvais payeurs. Arrivé devant l’entrée de l’appartement, l’avocat Aoi Midorikawa constate qu’une multitude de cadenas ornent la porte et qu’un étrange liquide suinte par les interstices... Bien décidé à laisser tomber l’affaire, il cède néanmoins à l’insistance de la proprio et se paye une petite séance d’espionnage via la cour en contrebas.
Éberlué, il observe des êtres mystérieux, mi-femmes, mi-anges, qui semblent flotter complètement nus dans cet appartement...

L’énigme est à son comble... et ne trouvera pas de solution dans ce premier opus, avouons-le tout net !
Manga bizarre, déjanté, Bienvenue au Gamurakan laissera beaucoup de lecteurs perplexes. Si le dessin, alliance mystérieuse entre une ligne claire très franco-belge (netteté du trait, des formes) et un style très empire du soleil levant (sens du détail, cadrages recherchés et cases au graphisme parfois très abstrait), possède un charme attachant, il n’en reste pas moins que l’imaginaire proposé est finalement très hétéroclite.
Scénarisé telle une folle symphonie, découpée en chapitres volontairement rythmés (Scherzo, Adagio, Lento, etc,.), ce manga laisse des traces mais pas un sillon clair.

Où va-t-on ? Pourquoi ? Qu’est-ce que le “Gamurakan” ? Qui sont ces créatures étranges qui possèdent les hommes (et aussi les femmes plutôt sexy) pour le pire, nous ne le saurons pas aujourd’hui.

Reste la virtuosité du graphisme, incontestable, et cette impression tangible d’avoir entre les mains quelque chose de sérieux et de patiemment construit.

La narration qui semble classique au départ débouche très vite sur un surréalisme certain et fait presque penser aux principes de l’écriture automatique appliqués au dessin. Entre virtuosité -inutile ?- et dinguerie assumée, Bienvenue au Gamurakan, se découvre en objet parfois pervers et pour le moins insolite.

Yôji Fukuyama délivre donc un premier tome pour lecteurs exigeants, curieux et pour peu que l’on veuille bien faire un petit effort, donne envie de découvrir la suite. Il n’est pas garanti que le résultat final soit d’une logique implacable mais au moins aurons-nous eu la sensation d’entrer dans un univers hors norme.

En BD comme au Poker, il faut d’abord parfois payer pour voir. On ne gagne pas à tous les coups mais ces petites montées d’adrénaline que savent susciter les graphistes de l’imaginaire n’ont pas de prix au finish.

PS : cet ouvrage conserve dans sa traduction son sens de lecture originel, de la droite vers la gauche.

Fiche technique :
- Bienvenue au Gamurakan
- Tome 1
- Scénario & Dessins : Yôji Fukuyama
- Éditeur : Casterman
- Collection : Sakka
- Traduction : Patrick Honnoré
- Adaptation graphique : Piero Macola
- Couverture : sous jaquette souple
- 318 pages N&B (1 à 4 en couleurs)
- Format : 15 x 21 cm
- Dépôt légal : mars 2005
- Site internet :
- http://www.casterman.com &
- http://www.sakka.info
- Presse : Kathy Degreef (Casterman)
- ISBN : 2-203-37321-0
- ISSN : 9 782203 373211

- Prix : 11,95 €

- Les images sont © des éditions Casterman (Collection Sakka) et de Yôji Fukuyama (2003).

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Stéphane Pons
9 juillet 2005






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Un premier volume déroutant...



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On cherche, on cherche...



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On ne trouve pas, on ne comprend pas...



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La réponse dans le second volume ? Peut-être...



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Mais qui sont donc ces êtres étranges et surtout que veulent-ils ?



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