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YozoneLittérature Critiques

Dans le Désert et sous la lune
Patrice Dupuis
La Clef d’Argent, KholekTh, n°11, nouvelles (France), fantastique, 51 pages, octobre 2011, 7€

Trois nouvelles, encadrées, embrassées plutôt. Trois textes très différents, qui laissent la bouche sèche et le souffle court. Trois incursions de la poésie dans l’irréel. C’est ce que nous propose Patrice Dupuis.


Le recueil, onzième de la collection KholekTh à La Clef d’Argent, est mince ; la couverture, inhabituelle pour un ouvrage relevant de l’imaginaire, dérangeante, voire rebutante. Et surprenante, tant elle ne reflète pas ce qu’elle recouvre.

Mais comment le pourrait-elle ? En trois nouvelles et deux textes courts, Patrice Dupuis aborde des univers et des genres différents. Fouillis, ce micro-recueil ? Ce serait un comble !

Et c’est là l’un des tours de force de Patrice Dupuis : lier, de façon presque indicible, ses cinq textes, par des échos, une ambiance...

Mais détaillons un peu ce « Dans le désert et sous la lune », justement sous-titré « variations nocturnes ». Un prologue nous évoquant les tortues de mer, puis “Quand le train s’arrête” où la poésie du désert va laisser la place à des démons, pour frapper une femme au plus profond de sa chair, son enfant à naître.
Tout autant que la couverture, la fin m’a fait froid dans le dos, frisson effaçant la chaude caresse des sables qu’on ressent presque à la lecture de la nouvelle. Mais comme sans doute tous les jeunes parents, les histoires de fœtus malingre ou difforme ne sont pas ma tasse de thé.

Puis vient “(Le soleil ne s’est pas levé ce matin)”. Nouvelle de SF, narrée à la première personne, journée anormale d’un homme qui, infirmier dans un asile, se refuse à devenir aussi fou que le reste du monde. Un homme qui garde son calme tandis que d’autres sont déjà revenus à la sauvagerie, pillant un monde qu’ils imaginent condamné à court terme, usant de la force pour prendre ce que l’ordre, la civilisation, la morale leur avaient jusqu’alors interdit de toucher.
Au milieu de cette apocalypse, l’asile semblerait presque un havre, et les fous des clairvoyants.

Le sursis” n’a pas lieu ce jour sans soleil, mais une nuit. Une nuit de veille d’un veilleur de nuit. Une nuit de ronde, ronde émaillée par la crainte sourde du veilleur de ne pas avoir rempli correctement son registre. Chaque pas est source d’interrogation, chaque action, chronométrée, millimétrée par l’horodateur qui pointe les étapes de la ronde. Et ce qui pourrait relever de la routine se vêt de tension, la nuit se fait plus sombre, l’univers semé d’embûches nouvelles, ces entrepôts deviennent labyrinthe mouvant. Quelle en sera l’issue ? On pourra le deviner, ou au contraire avancer dans les ténèbres, sans rien perdre du voyage.

La “Lettre à Marina” qui clôt le recueil est un rayon d’aube après cette nuit. Écho à la nouvelle centrale, déclaration d’amour, elle n’est pas exempte de la pointe de fantastique qui donne à l’anecdote contée tout son mordant.

Finalement, malgré le sentiment diffus de peur, d’oppression qui pèse sur les personnages et les univers de Patrice Dupuis, on retirera de la lecture de « Dans le désert et sous la lune » une impression de calme, d’une lenteur propice à l’observation. Malgré les urgences auxquelles sont soumis les personnages (la femme enceinte, l’infirmier, le veilleur de nuit) et la brièveté des textes, jamais la lecture ne nous presse. On se prend à apprécier chaque phrase, chaque phase, chaque tableau, et on constate que l’auteur accorde effectivement à ses scènes le soin du peintre pour une toile.

Comme un bon repas, on en aurait voulu un peu plus, mais cela aurait sans doute été trop, changeant la saveur douce de ce recueil en sombre amertume. On gardera cependant un œil au menu de La Clef d’Argent, pour ne pas manquer le prochain plat composé par Patrice Dupuis.


Titre : Dans le désert et sous la lune (nouvelles)
Auteur : Patrice Dupuis
Couverture : « Maïeutique » sculpture et photo de l’auteur
Éditeur : La Clef d’Argent
Collection : KholekTh
Site Internet : page roman (site éditeur)
Numéro : 11
Pages : 51
Format (en cm) : 17,5 x 11 x 0,5
Dépôt légal : octobre2011
ISBN : 9782908254938
Prix : 7 €




Nicolas Soffray
2 novembre 2011







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