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Une journée au festival international BD de Solliès-Ville
23e festival international BD de Solliès-Ville
26 au 28 août 2011

Le festival international BD de Solliès Ville se déroule chaque année, fin août, au cœur de la petite commune du Var. Cette 23ème édition se déroulait entre le vendredi 26 et le dimanche 28 août 2011.
Nous avions décidé d’assister à quatre, en famille, à cette rencontre. Le vendredi était bloqué pour l’occasion et nous nous réservions la possibilité d’y aller également le samedi.
Etait-ce vraiment une bonne idée de s’y déplacer en famille ?
Et comment vous présenter au mieux les événements de cette journée ?
Faute d’éléments de comparaison avec d’autres festivals, mon article aurait pu vous paraître décalé ou complètement déconnecté de la réalité.
Voici donc, heure par heure, vu de l’intérieur, ce qui s’est passé ce vendredi 26 août après-midi. Libre à vous, en fonction de vos propres expériences, d’en tirer vos conclusions, d’en déduire quelques conseils.


Cet article ne retrace que mon expérience personnelle, celle d’un père de famille venu pour la première fois à un festival de BD. Si vous n’avez pas eu la chance de vous y déplacer, cette description détaillée vous donnera peut-être une idée de ce qu’a été ce début de festival, millésime 2011.

13h00 : Le Kangoo débarque à Solliès Ville, dans le Var. Après près de 2 heures de route sous un soleil de plomb, les jeunes esprits s’échauffent. A l’arrière, La Grande chante pour la trentième fois le générique de « Raiponce », tandis que Le Bébé hurle de faim. Jolie Cœur, assise à mes côtés, gère la situation avec les rejetons le temps que je me gare.
Même si les stands de vente d’articles sont ouverts depuis le matin, le festival n’ouvre véritablement ses portes qu’à 15 heures, avec l’arrivée des auteurs. En arrivant 2 heures avant, on trouve facilement des places de parking libres et gratuites dans les rues de Solliès Ville.
Perché sur sa colline, le village est vraiment mignon. Il est typiquement provençal, avec ses rues pavées étroites, ses terrasses ombragées et ses maisons ocre aux toits en tuiles. Les grandes tentes blanches du festival sont montées au cœur du vieux bourg. Je remercie Jolie Cœur pour l’idée lumineuse qu’elle a eu la semaine dernière : aller nous promener tous ensemble à cette 23ème édition du festival international de la bande dessinée.
Je suis un grand amateur de BD, mais pas un collectionneur de dédicaces. Je ne suis même, avant ce jour, jamais allé à un festival de BD. J’en ai souvent eu l’occasion, habitant parfois à quelques kilomètres de festivals renommés, mais les hasards des calendriers m’ont toujours fait rater ces évènements. C’est donc vierge de toute connaissance dans le domaine que je me présente, avec ma famille, à Solliès.
L’ambiance est assez calme pour le moment. Un jeune garçon tient le stand Accueil pendant que les adultes déballent les derniers cartons. D’autres stands sont toujours en train d’être aménagés. Nous récupérons le plan et le programme des festivités avant de rejoindre une aire de jeu qui a été préservée au milieu des tentes. C’est l’endroit idéal pour se dégourdir les jambes et faire un pique-nique. La Grande, 4 ans, est impatiente de rencontrer Antoon Krings, l’auteur des « Petites Bêtes ». Elle lui a même fait des dessins.

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13h30 : Le Bébé a pris son biberon, le déjeuner est terminé, nous pouvons donc attaquer la visite des premiers stands boutiques et repérer les stands de dédicaces. Les allées sont globalement désertes, bien que des rangées de valises et de sacs à dos soient alignées devant des stands vides. Face à ces rangées, une poignée de personnes lisent ou discutent à l’ombre. La poussette a parfois du mal à se frayer un chemin au milieu de ces rangées de bagages.
Nous sommes d’ailleurs surpris par la présence de ces files d’attentes désertées. Sur sa page facebook, les organisateurs du festival annonçaient vouloir lutter contre « les files d’attentes et les fameux sacs posés au sol ». Dommage. Au vu de l’épaisseur de certains sacs (à peine une ou deux BD à l’intérieur), on en déduit facilement que des petits malins ont distribués leurs sacs dans chaque file d’attente, leur permettant ainsi d’être bien placés partout. Les interlocuteurs de la FNAC, l’un des plus grands stands de cette édition, et ceux de l’accueil nous avouerons leur regret sans pour autant avoir un réel pouvoir de changement. Néanmoins, plan Vigipirate oblige, l’importante communication sur le sujet a permis de limiter l’ampleur de ces incivilités. En discutant plus tard avec des habitués, nous apprendrons que les files de sacs ont été divisées par deux cette année. Faute d’avoir totalement éradiqué le phénomène, les organisateurs auront au moins réussi à le contenir.

14h00 : Je me décide à prendre position dans une file d’attente. Les dédicaces commencent dans une heure. Le stand de la FNAC est le seul pour le moment à avoir identifié les auteurs sur leurs tables. Je choisis donc ce stand. Dans mon sac à doc, je mets les BD de tous les auteurs prévus. On ne sait jamais, des fois que j’arrive à enchaîner les dédicaces… Les albums des autres stands sont placés sous la poussette.
Je me sépare de Jolie Cœur, La Grande et Le Bébé. Inutile qu’elles attendent avec moi, elles feront mieux de flâner pendant ce temps dans les allées du festival.
Devant la table de Spiegelman : une vingtaine de sacs, devant celle de Cosey : 7 sacs. Je choisis la file de Cosey. Les files de Marini et Guarnido sont vides, les organisateurs ayant préféré un système de tirage au sort pour ces auteurs attendus. Je reste volontairement debout, derrière le dernier sac, à attendre l’un de mes auteurs fétiches. Moi, au moins, j’aurai fait la queue !
Derrière moi, sur des chaises pliables, les irréductibles propriétaires de sacs attendent. Si on les questionne, ils disent posséder plusieurs sacs dans une même file. Leur présence à proximité suffit dans ce cas à contrer les mesures de sécurité du Plan Vigipirate. Cachés derrière d’autres tentes, ou en terrasse de bar à proximité, je ne les vois pas tous, mon regard restant fixé sur le siège de Cosey désespérément vide. En revanche, j’entends leurs conversations. Voici quelques morceaux choisis :
« Tu sais en ce moment E-bay dégringole, mais avec la boutique on arrive à sortir la tête de l’eau ».
« T’es sur qui toi ?
- Sur Cosey.
- Ah. Je ne le connais pas bien.
- Moi non plus, juste de nom comme ça. Je viens d’acheter un EO à la boutique. Il parait que c’est recherché ».
« Avec le bol que j’ai, je n’arriverai jamais à avoir une dédicace de Guarnido.
- Bah, va voir Charly, il en a une magnifique. Il te la cédera à un bon prix. »
« Je viens de me faire cambrioler mon appart’. Ils ont pris le carton contenant mes « Marvel ». Plus de mille BD. Je suis dégouté.
- T’en avais mille toi ? Bah moi, j’en ai plus de cinq mille chez moi ! »
Pour passer le temps, je lie le programme du festival.

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Une file de sacs...

14h30 : Je connais le programme du festival par cœur. Je peux vous énumérer, de tête, la liste des 58 auteurs prévus à cette édition. Je peux même vous retranscrire les dix pages d’interview d’André Juillard.
Derrière-moi, la file d’attente s’est sacrément agrandie. Je ne regrette pas (encore) de mettre présenté avec une heure d’avance. Ma bouteille d’eau est vide mais les nombreux arbres du village maintiennent les files à l’ombre.
Les propriétaires de sacs se sont rassemblés autour de moi. Je peux maintenant les décrire. Il existe 2 types de chasseurs d’autographes : les collectionneurs invétérés et les revendeurs. Il est difficile des les distinguer tant leur look se ressemble. En revanche, l’aspect physique diffère en fonction des tranches d’âges.
Les plus jeunes, 25-35 ans, portent souvent une barbe taillée de près, façon mousquetaire. Ils ont parfois quelques piercings et leur dress-code peut se rapprocher du style tribe. Certains ont une culture BD vraiment impressionnante.
_ Les plus vieux, 40-50 ans, cachent à peine leur bedaine sous un T-shirt floqué aux couleurs d’une BD ou d’un ancien festival. Ils sont particulièrement équipés avec chapeau, gilet à poches, chaussures de marche, tabouret pliant et valise gigantesque contenant des cartons entiers de BD (si, si !).
Tout à coup, je me rends compte qu’il est grand temps que je me remette au sport. Et choisir ce vieux T-shirt Loisel personnalisé (pour être original pensais-je) n’est pas la meilleure idée que j’ai eu ce matin… Pire, ces fringues ne correspondent pas du tout à ma tranche d’âge !

15h00 : J’ai mal partout. Mon sac à dos pèse une tonne. Les sièges demeurent déserts.
Dans la file humaine, les visages sont fermés. Les habitués se chuchotent quelques mots à l’oreille mais refusent d’engager la conversation avec les non-initiés.
Quelques auteurs prennent place en silence. Cosey n’est pas là.

15h30 : Le tirage au sort des dédicaces de Juanjo Guarnido commence.
Pour limiter les files de sacs devant les auteurs les plus populaires, les organisateurs ont eu l’idée de mettre en place une loterie. Le principe est simple : des tickets sont distribués gratuitement aux visiteurs, les numéros des tickets gagnants sont ensuite tirés au hasard. La méthode est louable et finalement assez légitime. La mise en pratique laisse cependant à désirer…
Les tickets, en quantité limitée, sont distribués devant le stand de l’artiste. Résultat, très vite, une masse de plusieurs centaines de personnes envahit le stand de la FNAC. La personne en charge de distribuer les tickets s’offre même le luxe de se déplacer le long des tables de dédicaces, emmenant avec elle la foule de demandeurs. La marée humaine détruit les files en place. Les sacs restés au sol sont piétinés. Les rares enfants sont évacués dans l’urgence par leurs parents. Ça pousse. Ça crie. Ça pleure.
Epouvanté par cette cohue, Ptiluc quitte le festival et remonte sur sa Harley. A partir de maintenant, ceux qui voudront une dédicace de sa part devront les trouver, lui et sa moto, dans les rues du village. Au fil de la journée, les visiteurs pourront entendre, au loin, le vrombissement des cylindres en V de Ptiluc.
Du coin de l’œil, je me rends compte que certains illustrateurs jeunesse sont également installés sur le stand de la FNAC, dont Antoon Krings. Je ne vois pas ma famille.
Ma stratégie reste la même : je dois obtenir une dédicace de Bernard Cosandey, alias Cosey. Je ne m’occupe donc pas des tickets, et profite même de l’abandon de poste de certains de mes prédécesseurs pour gagner des places dans la file.

16h00 : La majorité des artistes sont arrivés. Les rangs sont serrés, rendant particulièrement difficile l’accès à certains auteurs méconnus, mais l’ambiance reste calme et disciplinée. A ma droite, Guarnido enchaine les dédicaces. A ma gauche, Art Spiegelman fait de même. Enrico Marini n’est pas encore arrivé, retardant d’autant la prochaine distribution de tickets. Face à moi, une chaise vide. C’est l’occasion de parler un peu avec les fans de l’auteur devant moi.
Tout à coup, j’entends une femme hurler : « Place ! Place ! Laissez passer la poussette ! ». Je reconnais la douce voix mélodieuse de Jolie Cœur. A travers les rangs, elle réussit à se frayer un chemin au plus près du stand. Dans son sillage, d’autres parents de petits effrayés par la foule suivent. La Grande fait les derniers mètres seule, jusqu’à la table isolée d’Antoon Krings. Le sourire jusqu’aux oreilles, elle remet ses dessins à l’auteur et lui tend ses deux exemplaires préférés. Ils se parlent par geste (Krings étant anglophone). Krings lui fait ses dédicaces. Mission accomplie !

16h30 : Le couperet tombe : Cosey a raté son avion. Personne ne peut garantir qu’il participera à cette première journée.
Désespéré, je quitte les rangs étriqués et cours rejoindre Jolie Cœur. Ces trois dernières heures ont été un enfer. J’ai envie de quitter les lieux.

17h00 : J’ai rapidement retrouvé Jolie Cœur. Les allées sont assez aérées. A ce demander si tout le monde ne s’était pas donné rendez-vous devant le stand de la FNAC. Pour beaucoup, les congés estivaux sont terminés, le vendredi est donc historiquement le jour le moins chargé du festival.
Jolie Cœur n’a pas chômé. Elle me présente ses dédicaces de Krings, Alwett, Margerin, et Kéramidas. Les autres tentes ont visiblement moins été prises d’assaut par les visiteurs. En ayant pris plusieurs volumes d’un même auteur, j’ai la possibilité de rencontrer à mon tour ces personnes.
La journée prend alors une toute autre tournure.
Sur le stand de Planète Livres, j’ai l’occasion de discuter avec Christophe Pelinq (Arleston), Audrey Alwett, et Frank Margerin (qui s’est laissé pousser la barbe !). Sur celui de Contrebandes, je rencontre Hervé Baruléa (Baru) et son éditeur. On parle de leurs futurs projets, de la Yozone… Certaines dédicaces de scénariste sont ainsi faites à l’équipe du site (voir ci-contre). Les dessinateurs m’ont tous offerts des illustrations remarquables. Sans être une très longue discussion, ces échanges offrent un grand moment de détente.
C’est également l’occasion de discuter, en toute décontraction, avec les autres visiteurs. On respire enfin.

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Frank Margerin en dédicace

18h30 : Cette première journée touche à sa fin. La Grande s’est endormie dans mes bras pendant que Baru dédicaçait mon précieux exemplaire de l’« Autoroute du Soleil ».
Les stands se vident. Les boutiques ferment. Le public quitte le festival. Je repasse à côté du stand FNAC maintenant désert. Au milieu de la tente, seul Cosey est resté pour finaliser sa dernière dédicace. QUOI !!?? Cosey est venu finalement !!???? Ah Non !!!!! La frustration est trop grande, je DOIS le rencontrer.
Jolie Cœur se présente alors devant Cosey avec Le Bébé dans les bras. Attendri, l’artiste accepte de nous rencontrer, après la remise des « Soleils d’or », récompenses destinés aux meilleurs travaux présentés lors de ce festival.
Nous nous retrouvons donc sur la place du village, à assister à cette remise de récompense, au milieu des exposants et des artistes. Le public est réduit, la grande majorité des visiteurs ayant quitté les lieux depuis longtemps. Juste derrière moi, Spiegelman prend quelques photos avec son I-Pad. Un peu plus loin, Arleston et Trondheim plaisantent et préparent leur future partie de poker.
Cette année, le palmarès des Soleil d’or est le suivant :
-  Meilleure coloriste : Brigitte Findakly pour « Ralf Azham »
-  Meilleure BD reportage : « Gaza 1956 », de Joe Sacco
-  Meilleur album adulte de l’année : « Sabine », de Maya Mihindou
-  Meilleur album enfant : « Monsieur Blaireau et Madame Renarde », de Brigitte Luciani et Eve Tharlet
-  Coup de cœur du jury : Baru pour l’ensemble de son œuvre
-  Meilleur album 2011 : « Féroces Tropiques », de Jo Pinelli
-  Grand prix du festival 2011 : Juanjo Guarnido.
Monsieur Guarnido devra donc dessiner l’affiche de la prochaine édition du festival de Solliès Ville.
Sitôt les prix remis, Cosey viendra nous voir pour me dédicacer un album de « Jonathan ».

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Les « professeurs » du stage BD

Au final, le bilan de cette journée, bien qu’elle ait très mal commencé, est plutôt positif. Le Bébé a pu faire la sieste au calme dans le parc de jeu, La Grande a rencontré l’auteur de ses histoires pré-nocturnes et observé Margerin faire ses dédicaces de très près pendant 30 min. Et j’ai pu rencontrer la majorité de mes auteurs fétiches. Parmi la cinquantaine d’auteurs présents, j’espérai en voir 10. Au final, j’ai discuté avec 7 d’entre eux, et je repars avec de somptueuses dédicaces.
Trop fatigante pour les plus jeunes d’entre nous, je ne referai sans doute pas une telle journée. Mais l’expérience était vraiment sympathique. La prochaine édition du festival BD de Solliès Ville se fera en août 2012 et sera présidée par Juanjo Guarnido. J’ai donc encore un an pour changer d’avis ou trouver un plan pour faire garder les enfants…



Allison & Julien
30 août 2011







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Audrey Alwett



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Hervé Baru



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Art Spiegelman



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L’ultime dédicace de Bernard Cosey