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Belle
Robin McKinley
Mnémos, Dédales, roman, traduit de l’anglais (États-Unis), conte merveilleux, 237 pages, avril 2011, 17€

Honneur n’a jamais aimé son prénom, elle a donc choisi de s’appeler Belle. Pourtant, en grandissant, elle se dit bien mal porter cet adjectif, car ses sœurs Miséricorde et Grâce sont bien plus jolies qu’elle.
Par un revers de fortune, les affaires de leur père périclitent et la famille ruinée se voit obligée de quitter la ville, leur maison, leur mode de vie aisé pour habiter dans une petite bourgade.
Gervain, le mari d’Espérance, leur a proposé de les suivre là où il exercerait son métier de ferronnier, près de son village natal. Pas loin de leur demeure se dresse une forêt dans laquelle Gervain leur a déconseillé d’aller.
Malencontreusement, un jour, leur père y pénètre, s’y perd jusqu’à se retrouver dans la cour d’un château où il cueille une rose pour Belle.
La Bête va alors se manifester et demander réparations…



Robin McKinley est né dans l’Ohio en 1952. Lauréate du World Fantasy Award et du Mythopoeic Award pour son implication dans la fantasy contemporaine, elle est surtout connue pour ses réécritures de mythes et fables classiques. Avec « Belle », la seule de ses œuvres traduite en français, elle s’est attaquée à « La Belle et la Bête ».

Il me faut avouer que ce n’est pas sans un a priori négatif que j’ai débuté la lecture de « Belle ». D’une, l’illustration m’a tout de suite fait penser à la collection Harlequin ; de deux, sans être un grand connaisseur du conte « La Belle et la Bête », la quatrième de couverture ne m’a pas emballé et de trois, il s’agit d’une réédition d’un roman datant de 1978.

Pourtant, à mon grand étonnement, « Belle » m’a tout de suite happé ! Quelques pages, et voilà, comme par magie, Robin McKinley nous embarque dans un monde merveilleux où tout est possible. Elle apporte au lecteur une part de rêve et lui ouvre les yeux sur une histoire aux accents connus mais qui fonctionne admirablement.
On pourrait lui reprocher de dédaigner toute touche d’authenticité, car elle reste dans la lignée de l’histoire fondatrice. En effet, tout le monde est bien trop gentil, il n’y a pas de méchant. La conclusion est aussi un brin abrupte, on aurait égoïstement aimé que cela se prolonge encore un peu…

Ce constat n’est toutefois guère dérangeant, car la plongée dans un tel cocon s’avère agréable, loin de tout souci. L’héroïne, Belle, est suffisamment bien décrite pour que son attitude soit comprise. Elle accepte d’aller chez la Bête pour sauver son père, apprend à la connaître, à l’apprécier jusqu’à l’aimer…

En avançant dans le roman, on se prend à regarder l’illustration d’Alain Brion d’un autre œil, à se dire qu’il a fait mouche avec cette représentation partielle de Belle dans une somptueuse robe, les mains de la Bête posées sur ses épaules. Elle colle parfaitement au thème, ce qui n’était pas le cas de la première édition chez Presses Pocket avec une couverture de Siudmak totalement hors sujet.

Comme vous pouvez le constater, avec le plaisir pris au fil des pages, les a priori se sont effondrés d’eux-mêmes.
D’ailleurs, à bien y réfléchir, comment être impartial avec un tel livre ? Le rêve, l’évasion loin de la morosité ambiante, ne peuvent que toucher une corde sensible au fond de nous.

Cette réédition de « Belle » s’avère une très bonne surprise.
Une fois que vous aurez eu la curiosité de l’ouvrir, vous ne la refermerez plus avant la fin.

MAJ 2015 : Le roman vient de reparaître chez Pocket, en prévision de la parution de « Dragonhaven » de Robin McKinley chez Mnémos en juin.


Titre : Belle (Beauty, 1978)
Auteur : Robin McKinley
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Sophie Dalle
Première édition française : Presses Pocket (1993)
Couverture : Alain Brion
Éditeur : Mnémos
Collection : Dédales
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 237
Format (en cm) : 14 x 21,5
Dépôt légal : avril 2011
ISBN : 978-2-35408-112-6
Prix : 17 €

Réédition poche 2015
Éditeur : Pocket
Dépôt légal : mai 2015
ISBN : 9782266259361
Prix : 7,30 €


12 mai 2011.


François Schnebelen
13 juin 2015






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L’illustration d’Alain Brion (Mnémos, 2011)



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L’illustration de Siudmak (Presses Pocket, 1993)



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