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Pacte des loups (Le)
Film français de Christophe Gans (2001)
31 janvier 2001

****



Genre  : fantastique historico-romanesque
Durée
 : 2h22

Avec Samuel Le Bihan (Grégoire de Fronsac), Mark Dacascos (Mani), Emilie Dequenne (Marianne de Morangias), Vincent Cassel (Jean-François de Morangias), Monica Bellucci (Sylvia), Jérémie Rénier (Thomas d’Apcher), Jean Yanne (Le Comte de Morangias), Jean-François Stévenin (Henri Sardis), Jacques Perrin (Thomas d’Apcher vieux), Johan Leysen (Beauterne), Bernard Farcy (Laffont), Edith Scob (Mme De Morangias), Hans Meyer (Marquis d’Apcher)

Fort de l’intérêt suscité par son premier film, « Crying freeman », avec lequel il faisait preuve d’une incontestable maîtrise esthétique et parvenait à entraîner les plus récalcitrants, à commencer par moi, dans le monde des Manga, Christophe Gans récidive en tentant le pari de porter à l’écran une énigme ensanglantée de notre passé, que son mystère teinté d’horreur a élevé au rang de légende : la bête du Gévaudan.
Si le projet avait déjà de quoi éveiller la curiosité, l’importance du budget alloué à sa production, ajouté à l’attrait de sa distribution et aux promesses de fresque épique annoncées par le réalisateur, finirent de positionner « Le pacte des loups » comme l’événement filmographique hexagonal de ce début de millénaire.

Et, il faut reconnaître que ce coup d’essai, aussi périlleux qu’il se présentait, est un coup de maître, pour peu que l’on accepte, bien entendu, de pénétrer dans l’univers cinématographique du créateur de « Starfix ».
En effet, là où d’autres réalisateurs auraient certainement opté pour les chemins consensuels d’une reconstitution historique, ou à l’inverse, pour ceux de la surenchère horrifique, Christophe Gans choisit de raconter « l’Histoire » et de transporter la « Légende » au cœur de son imaginaire, qu’il a nourri pendant des années de cinéma de Hong-Kong, d’horreur à l’italienne, ou encore des productions gothiques anglaises de la Hammer, tout en imprégnant judicieusement sa mise en image d’un soupçon de Stanley « Barry Lindon » Kubrick.

C’est d’ailleurs quasiment à deux histoires que le réalisateur nous convie, puisque la première partie de son film retrace les grandes lignes de la version officielle désirée par Louis XV, alors que la seconde choisit les voix de l’aventure fantastique.
Chargé, par le Roi, de dessiner la capture et d’empailler la bête féroce qui terrorise la région en dévorant femmes et enfants, Grégoire de Fronsac (Samuel Le Bihan), naturaliste de son état, se rend en Gévaudan, en compagnie de son frère de sang, Mani (Mark Dacascos), un guerrier Iroquois rencontré aux Amériques.

Au cours de leur séjour sur les terres du Comte de Morangias (Jean Yanne), les deux hommes ne vont pas tarder à faire connaissance, non sans parfois quelques problèmes, avec les indigènes, ainsi qu’avec les membres de la noblesse et de la famille de Morangias, dont la charmante fille Marianne (Emilie Dequenne) et son frère Jean-François (Vincent Cassel), un chasseur de fauve orphelin d’un bras depuis un périple africain.
La jeune fille repoussant ses avances, le Chevalier de Fronsac fait la connaissance de Sylvia (Monica Bellucci), une mystérieuse beauté qui reçoit au bordel local.
Malgré de gigantesques battues et le massacre de la population des loups du Gévaudan, les carnages continuent et le Roi s’impatiente, surtout qu’un livre ridiculise le royaume.

Du coup, Louis XV envoie sur place son porte-arquebusier avec pour mission de lui ramener quelque chose pour faire taire les rumeurs.
C’est alors que le film, dans une sorte d’élan tribal, abandonne sa parure de romantisme baroque, pour s’engouffrer dans celle du gothique et nous happer dans un onirisme sauvage, où la violence répond aux aspirations malsaines, génératrices du climat de terreur, et dont la Créature en est la matérialisation.
Pour souligner l’aspect fantasmagorique de son propos, Gans n’hésite pas à mêler ses diverses influences cinéphiles, cape et épée, Kung-Fu, Western-Spaghetti, transcendant ainsi l’esprit chevaleresque de « l’Histoire » en un véritable récit de « Légende ».
Bien entendu, « Le pacte des loups » n’est pas exempt de petits défauts, à commencer par sa longueur qu’il comble par des plans plus beaux les uns que les autres, mais surtout, il confirme, après « Crying freeman », le talent de metteur en scène de Christophe Gans qui s’ouvre, en à peine deux films, les portes donnant dans la cour des grands.
Un film à voir d’un réalisateur à suivre.

FICHE TECHNIQUE

Titre original  : Le pacte des loups

Réalisation : Christophe Gans
Scénario : Stéphane Cabel, Christophe Gans
Producteurs : Richard Grandpierre, Samuel Hadida
Musique originale : Joseph LoDuca
Photographie : Dan Laustsen
Montage : Sébastien Prangère, David Wu
Distribution : Nathalie Cheron
Décors : Guy-Claude François
Costumes : Dominique Borg
Effets spéciaux : Georges Demetrau
Chorégraphie des combats : Philip Kwok

Production : David Films, Eskwad, Le Studio Canal+
Distribution : Metropolitan Filmexport


Bruno Paul
31 janvier 2001



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