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Salammbô (Intégrale)
Philipppe Druillet
Drugstore

Dégoûté du roman d’analyse propre à ses contemporains, Flaubert avait voulu renouer avec une sauvagerie primale en publiant « Salammbô » (1862), histoire d’amour et de mort sur fond de guerre punique.

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Peu enclin au présent des années 80, Druillet s’est emparé du sujet de Flaubert dans une perspective S-F, jetant ainsi un pont entre passé et futur tout en mettant à mal les codes de la BD traditionnelle.



De cette rencontre sont nés trois albums somptueux (« Salammbô » aux Humanos, « Carthage » et « Mathô » chez Dargaud) où Druillet transmue son personnage initial, l’explorateur spatial Lone Sloane, en celui de Mathô, chef de mercenaires tiraillé entre ses pulsions bellicistes et sa fascination pour la princesse « Salammbô ».

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Trois albums où Philippe Druillet - cofondateur de la revue « Métal Hurlant » et publiant depuis les années 60 - , s’il n’avait pas attendu cette création pour construire son style et son esthétique, allait en tout cas les pousser au paroxysme : enchâssement de textes à des images panoramiques ou parcellaires, juxtaposition de scènes fortes plutôt que linéarité, recours à des mises en pages d’apparence éclatée et cependant basées sur des symétries non dénuées d’accointances avec la peinture - cette peinture que l’auteur a toujours pratiquée à l’égal de sa passion pour le multimédia.

Trente ans plus tard, ces albums restent porteurs de la même force d’invention et de conviction. D’une puissance narrative identique. Tout en nous offrant une approche peut-être plus aisée qu’aux lecteurs initiaux, eux qui devaient chercher leur chemin en ces années saturées d’inventions, de rejets et d’expérimentations extrêmes où se côtoyaient le meilleur et le pire. Le temps ayant fait son office, seuls quelques-uns subsistent, dont ce Phlippe Druillet et ses planches aux couleurs envoûtantes, d’un souci du détail à donner le vertige.

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Pour corser le plaisir, on notera que parallèlement à l’Intégrale, Drugstore y va de différents portfolios thématiques (dont « Les Nus » et « Portraits ») Druillet expose de bellissimes images fixes en pleine page inspirées de son « Salammbô ».

Alain Dartevelle


« Salammbô », c’est 1980, 1982 et 1986, trois albums et une grande baffe graphique à l’image de la revue référence qu’était alors Metal Hurlant. C’est le personnage SF fétiche de Druillet, Lone Sloane qui est transposé sans celui de Mathô le barbare qui tente de détruire Carthage et de conquérir la princesse Salammbô. Philippe Druillet explorera différents registres de narration et d’exposition graphique, se montrant souvent novateur, il explose le carcan de la case, puis de la page, répandant ses armées de multitude sur des doubles pages pour nous donner des scènes de batailles grandioses et inoubliables. Même le sens de lecture pliera sous son art raffiné de la scénographie.

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Tout est bon pour que s’exprime son graphisme, du texte à l’image, dans une approche de plus en plus picturale qui en feront le Pape de l’illustration SF.
Cette oeuvre est a redécouvrir dans cette très belle Intégrale, aux charmes séducteurs marbrés de noir, de métal et de bleu, dans le même temps que « Salammbô, Les nus », un Beau Livre qui reprend les 40 portraits de la belle.

Fabrice Leduc


A lire sur la Yozone :
- Salammbô, Les nus
- Expo Salammbô - Les nus
- Druillet.com
- Les Planètes obliques de Philippe Druillet

Le site de Philippe Druillet


Salammbô (Intégrale)
- Scénario et Dessins : Philippe Druillet
- Adaptation : d’après Gustave Flaubert
- Editeur : Drugstore
- Pagination : 192 planches couleurs
- Dépôt légal : juin 2010
- Format : 24 x 32 cm
- ISBN : 978-2-7234-7911-0
- Prix public : 35 €


Illustrations © Philippe Druillet et Drugstore (2010)

Critique d’Alain Dartevelle, mise en images de Fabrice Leduc.


Fabrice Leduc
Alain Dartevelle
24 février 2011






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