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Grace : une interview de Paul Solet
L’auteur et réalisateur de « Grace » à la question
4 août 2010

Nous attendions depuis plus d’un an que « Grace », Prix du Jury du Festival Fantastique de Gérardmer 2009, sorte en salles en France. Voilà qui est sur le point d’être fait par le biais de Cinémadness, la très bonne initiative de Kanibal Films Distribution.



Le nom de la famille du bébé est Matheson. S’agit-il d’une référence à l’auteur de « Je suis une légende » ?

Absolument, j’adore Richard Matheson. Et oui, c’est bien un clin d’oeil de geek, je l’avoue. J’adore « Je suis une légende », mais pas seulement … J’ai grandi en avec « La quatrième dimension », avec… plein d’autres choses comme ça. Il est excellent ! Richard Matheson fait partie de mes héros.

Dans « Je suis une légende », Will Smith incarne le dernier humain et dans votre film, Grace est peut-être la toute première vampire…

A vrai dire, je n’avais pas imaginé ça, mais pourquoi pas. Pourquoi pas… « Je suis une légende » est une très bonne histoire.

Durant la scène de la naissance, on entend une musique tribale. Cette musique symbolise-t-elle la méthode naturelle de son accouchement ?

Oui, oui, tout à la base est dicté par le scénario et, en plus de cela, l’ensemble est influencé par les images que l’on a réussi à coucher sur la pellicule. De ce fait, tout n’est pas réglé comme du papier à musique. Il s’agit d’une scène violente qui montre toute la souffrance que quelqu’un peut endurer. Et la musique correspond à cet état de souffrance, la bande son devait refléter cela. La future mère en est réduite à une souffrance absolue…

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Le chat semble occuper un rôle assez important dans « Grace »...

Pour moi, tout doit avoir un sens précis dans un film. Je ne tiens pas du tout à faire gambader une petite bestiole sans motif précis. Donc, oui, bien entendu. Le chat amène la notion de réincarnation, les neuf vies etc. Et, dès le début du film, on voit que le chat donne des indices quant à l’état d’esprit de Madeline. Par exemple, au début de l’histoire, le chat représente son enfant, son premier enfant… Elle aime le chat. Et à mesure qu’elle prend conscience des choses, on devine où elle en est, quelles sont ses priorités à travers la façon dont elle traite le chat. Elle ne nettoie plus sa litière et puis elle va jusqu’à fermer les fenêtres pour empêcher le chat d’entrer dans la maison. Mais, en même temps, le chat occupe un autre rôle. Il est le gardien de l’enfant ? Le chat est un protecteur, il symbolise les instincts maternels.

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A l’origine, l’idée du film vous est venue d’une révélation qu’elle vous avait faite. L’histoire a mis du temps à germer ou alors tout s’est fait rapidement ?

Oui, en fait… A l’âge de 19 ans ma mère m’a dit que j’avais eu un jumeau qui n’avait pas survécu. Cet évènement a été le point de départ personnel de l’histoire. Mais, d’un point de vue créatif, « Grace » est né d’une conversation que j’avais eu des années plus tard lorsque l’on m’a parlé de ce phénomène médical : il arrive parfois qu’une femme puisse aller jusqu’au terme de sa grossesse malgré le décès prématuré de son enfant. C’est bel et bien cela qui a été le déclencheur de l’écriture de l’histoire. Je suis tout le temps à la recherche de ce genre d’histoires effroyables. En tant que fan de films de genre, je veux être secoué… Il faut que je voie ces choses. Et même en tant qu’homme l’idée de porter à terme son propre enfant mort me retourne les sangs. C’est le thème central du film et c’est une histoire d’horreur très forte.

Au début, le film suit un rythme assez lent pour ensuite aller de plus en plus vite jusqu’à la fin qui est extrêmement rapide. S’agit-il d’un parallèle avec la grossesse de Madeline Matheson ?

Oui, c’est une question intéressante. C’était bien mon intention, je voulais faire un film qui va crescendo. Nous faisons monter la tension et l’atmosphère très lentement et de ce fait les spectateurs sentent un malaise – un malaise dans le bon sens du terme. Nous prenons le spectateur à contre-pied ; il s’attend à voir l’action et le noeud de l’histoire avancer à un certain rythme et tout à coup lors du troisième acte, le rythme se déchaine et ils se disent « Merde ! Qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ? »

Les familles présentées dans le film sont assez particulières, un peu dysfonctionnelles. Portez-vous ce regard sur toutes les familles ?

Non… Ma propre famille est très aimante, c’est un endroit où il y fait bon vivre. Je crois que le film passe sous la loupe et amplifie des problèmes que l’on rencontre dans beaucoup de familles. Les luttes de pouvoir, les passions, l’agressivité… je pense que ce sont des choses auxquelles tout le monde peut s’identifier. Tout le monde un jour ou l’autre s’est retrouvé à un repas de famille en face de personnes qu’il ne pouvait pas voir… On a tout simplement tout amplifié !

Vous avez déclaré que ce film était lié à votre jumeau. Croyez-vous que cela réapparaîtra dans vos prochaines réalisations ? Comptez-vous revenir sur ce sujet-là dans d’autres films ?

Non. Le travail d’écriture est une thérapie très saine, le fait de travailler, de faire des choses. Le fait de créer, la créativité est – à mon avis - l’une des choses les plus bénéfiques que l’on peut faire. Et, s’il on est quelqu’un de créatif mais que l’on ne crée pas, il est évident qu’on devient malade. On devient une vraie loque. C’est comme ça que ça marche chez moi en tout cas ! J’ai tout un tas d’idée et de projets en tête. Tout ce que je veux, c’est raconte des histoires qui interpellent vraiment les gens. Ce thème-là m’intéresse beaucoup mais il y a bien d’autres sujets qui attirent mon attention.

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Quel sera l’objet de votre prochain travail ?

Et bien, comme je vous le disais, je suis tout le temps en train d’écrire, et donc j’ai tout un tas de projets que j’aimerais réaliser, des films de genre et d’autres encore… Mais pour l’instant mon boulot c’est celui de réalisateur, ce n’est pas le moment de se disperser à droite à gauche. Mon travail est d’être là, ici avec vous pour être sûr que ça marche. Vous savez, on est tout petit, on n’a pas un rond en poche, on a même pas assez d’argent pour une campagne d’affichage. On ne compte que sur le bouche à oreille pour se faire connaître. Dans le cinéma de genre, on se serre les coudes, et cela n’existe pas dans les films traditionnels ou les comédies, en tous les cas ça n’en a pas l’air… Pour moi, rien n’est plus triste que de découvrir un film cinq ans après sa sortie. Je me dis : « Putain, mais pourquoi j’ai raté ce film ?! » Il n’y a rien de plus triste !

Vous comptez donc défendre farouchement votre film...

Exactement, je refuse que cela arrive à ce film. Je sais qu’il y a un public pour lui et qu’il va l’aimer. C’est ça mon boulot à l’heure actuelle, c’est ma priorité. Être ici avec vous pour prouver que nous, les fans, devront voir ce film.

Vous ne travaillerez sur rien d’autre tant que la promotion ne sera pas terminée ?

Voyez-vous, je travaille tout le temps, tout le temps mais, en cet instant mon but premier est la promotion de mon film. J’en suis responsable et je m’y attache !

LIEN(S) YOZONE

=> La critique du film

INTERNET

Le site officiel : http://www.grace-themovie.com


Interview extraite du dossier de presse Cinémadness



Le Yo-Master
20 juillet 2010






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