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Bifrost n°58
Olivier Girard (rédacteur en chef)
Revue, n°58, SF, nouvelles-études-critiques, avril 2010, 186 pages, 11€

Avec ce numéro 100% francophone, la revue Bifrost propose à ses lecteurs de se pencher sur un auteur français qui sévit dans la littérature dite de l’imaginaire depuis bientôt vingt-cinq ans (première nouvelle parue en 1986) : Laurent Genefort.

Outre les rubriques habituelles, le sommaire de ce trimestre (avril-mais-juin) promet aussi la lecture de trois nouvelles. Ce n’est pourtant pas Noël !



La revue s’ouvre sur l’éditorial d’Olivier Girard qui constate l’encombrement de l’édition française dans le domaine des littératures de l’imaginaire. Malgré ce constat amer et désabusé, il note tout de même l’arrivée remarquée de nouveaux auteurs francophones de talent...

Viennent ensuite les nouvelles, qui sont les suivantes :

- “Trois hourras pour Lady Evangeline”, de Jean-Claude Dunyach. Cette nouvelle nous narre la survie d’une adolescente aux prises avec une invasion sur une planète isolée.
Voilà un auteur que je découvre en lisant les pages de cette revue. Le style est clair et l’écriture est fluide, maîtrisée. Malheureusement, cette histoire ne m’a pas du tout passionné.

- “Miroirs mutilés”, de Claude Ecken. Au Japon, dans un futur proche. Les robots sont tellement présents que cela pose parfois des problèmes...
De Claude Ecken, je ne connaissais que des critiques et des articles parus dans Bifrost. Là encore donc, c’est une découverte au niveau de la fiction. Mais une fois de plus, je n’ai pas du tout accroché à cette histoire de robots japonais, malgré l’indéniable beauté du texte empreint de poésie.

- “Remparts”, de Laurent Genefort. Dans un futur proche, des “Bouches” apparaissent aux quatre coins de la planète. Visiblement, elles servent de moyen de transport pour des Aliens venus d’on ne sait où. Très vite, la situation devient incontrôlable...
Cette nouvelle est la troisième que je lis de Laurent Genefort, cet auteur prolifique (la bibliographie à la fin du dossier qui lui est consacré est là pour l’attester). Elle ne fait que confirmer tout le bien que je pensais de lui. En dix-huit pages, l’auteur parvient à mener son lecteur vraiment très loin, le tout dans une tension dramatique qui va crescendo... Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu une nouvelle de science-fiction aussi bonne.

Ensuite, ce numéro de Bifrost accorde pas moins de quarante pages aux critiques. Romans, recueils, anthologie et revues sont passés à la moulinette des chroniqueurs qui ne laissent rien au hasard.

Puis vient le dossier consacré à Laurent Genefort. C’est avant tout une interview-fleuve où l’on fait la connaissance d’un écrivain d’une gentillesse et d’une humilité rares. Malgré ses quarante-deux romans, en SF et en Fantasy, il est loin d’appréhender vraiment la place qui est la sienne parmi les auteurs de l’imaginaire francophone.
Les presque six pages de son impressionnante bibliographie closent ce dossier vraiment très intéressant.
C’est grâce à ce genre d’articles qu’on se rend compte à quel point une revue comme Bifrost est importante.

Dans sa rubrique “ScientiFiction”, Roland Lehoucq nous décortique à sa manière la plausibilité scientifique du film à succès « Avatar », de James Cameron.

Voilà, il ne me reste plus qu’à vous faire part d’un petit bémol : les nombreuses coquilles qui parsèment ce numéro. Sans vraiment gâcher le plaisir de lecture, je trouve ça dommage de la part d’une revue qui se veut au-dessus du lot. Qui le demeure tout de même, à mon humble avis.

Et pour ne pas terminer sur une note négative, je vais conclure cette chronique en signalant la magnifique illustration de couverture signée par un Nicolas Fructus en très, très grande forme.

Enfin, si vous voulez vous abonner, ou passer commande, allez sur le site très bien fait du Bélial’.

Ah, une toute dernière chose : Bifrost, c’est bon, mangez-en !


Titre : Bifrost
Numéro : 58
Rédacteur en chef : Olivier Girard
Couverture : Nicolas Fructus
Type : Revue
Genre : SF, critiques, entretiens...
Site Internet : Revue (Bifrost) et éditeur (Bélial’)
Période : avril 2010
Pages : 186
Format (en cm) : 14,9 x 21
ISBN : 978-2-913039-55-1
Prix : 11€



Antoine Chalet
19 juin 2010






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illustration de Nicolas Fructus



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