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Vegas Mytho
Christophe Lambert
Fleuve Noir, Rendez-vous Ailleurs, Fantasy, 360 pages, avril 2010, 18€

Thomas Hanlon est un écrivain qui vit et travaille à Greenwich Village, en plein cœur de New York City. On est en 1957 et on ne peut pas dire que ça va fort pour lui. Il est alcoolique et il n’a rien publié depuis son poème qui a fait sensation. Sa vie change radicalement lorsqu’il rencontre une superbe jeune femme : Sofia Stamatis. Elle s’avère être la fille d’un milliardaire d’origine grecque qui vient tout juste de se lancer dans les casinos, à Las Vegas.
Le problème, c’est qu’il s’est installé juste en face de celui d’une riche famille d’Égyptiens, et que ceux-ci ne sont pas contents.

Sans le savoir, Thomas Hanlon va entrer dans une histoire de rivalités ancestrales et familiales pas vraiment comme les autres. Il se rendra alors compte à quel point les apparences sont souvent trompeuses.



Quand on fait la critique d’un livre, on a toujours peur d’en dire trop (il est sûrement préférable de ne pas en dire assez). Partager son enthousiasme avec le lecteur, c’est bien, à condition de ne pas trop lui dévoiler l’intrigue.

Mais là, après tout, la couverture de Rossbach et le titre du roman, « Vegas Mytho », ont tendance à en dire beaucoup. Pour le coup, aucun des deux ne ment : les Dieux de l’Antiquité ne sont pas morts, et ils vivent en Amérique. Ça vous dit quelque chose ? « American Gods », de Neil Gaiman, bien sûr. D’ailleurs, dans la très instructive postface dont nous gratifie l’auteur (à la manière d’un bonus de DVD), Christophe Lambert nous raconte la genèse de son roman. Comment lui est venue l’idée, comment elle s’est développée. Ensuite, l’auteur se met à lire le roman de Gaiman et là, patatras... Il se rend compte que le sujet du roman qu’il prépare est le même que celui de l’immense romancier anglais. Alors, il laisse tomber. Pour un temps seulement...

Heureusement pour nous, il se remet à l’écriture et le propose à son éditrice.
Pour avoir lu les deux romans, je peux vous dire que si l’argument de départ est bien le même, le traitement est foncièrement différent. Là où le livre (sur)primé de Gaiman, malgré ses impressionnantes qualités littéraires, ne nous racontait, au final, pas grand-chose, celui de Lambert nous emmène vraiment très loin.

Parce que l’auteur n’a pas d’autre ambition que de divertir son lecteur, on peut dire que son pari est totalement réussi. Style sobre et efficace, capacité incroyable à générer des images dans l’esprit du lecteur, alternance réussie des scènes d’action et d’introspection, dialogues vivants, psychologie fouillée... Tout cela contribue à notre plus grand bonheur. Effectivement, quoi de plus merveilleux pour un lecteur que de se laisser transporter par un livre ?

Oh, bien sûr, ce roman n’est pas exempt de défauts. Le scénario, par exemple, pêche un peu parfois, car il est émaillé de grosses ficelles, de celles qui font dire au lecteur : « Mais qu’est-ce qu’il est allé se fourrer là, cet imbécile ? »

Néanmoins, ce bémol est trop infime pour ne pas s’offrir ce roman. Bien sûr, ensuite, il faut le lire. Le lire, que dis-je ? le dévorer, plutôt.

Pour ma part, je découvre en Christophe Lambert (un écrivain que je ne connaissais que de réputation) un auteur qui maîtrise bien son sujet, qui le mène jusqu’au bout et ce, de la meilleure des manières.


Titre : Vegas Mytho
Auteur : Christophe Lambert
Couverture : Jean-Sébastien Rossbach
Éditeur : Fleuve Noir
Collection : Rendez-vous Ailleurs
Site Internet : fiche du roman
Pages : 360
Format (en cm) : 15,5 x 24
Dépôt légal : avril 2010
ISBN : 978-2-265-08865-8
Prix : 18€


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Antoine Chalet
11 juin 2010






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