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Agnès Laroche : l’amour de l’écriture.
Mai 2010
Une interview Yozone

Agnès Laroche est une touche-à-tout : romans, histoires en presse, pièces radiophoniques… Elle ne se donne pas de limites pour laisser libre court à son imagination et sa passion de raconter des histoires.
Avec « Murder Party », elle s’est lancée dans le policier, un genre qui lui titillait les méninges. Un essai réussi qu’elle compte bien renouveler.
Mais faisons connaissance…




Agnès Laroche sur LA YOZONE :
Murder Party


Agnès Laroche, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de la Yozone ?

Je suis une rêveuse passionnée de fiction, aussi bien en tant que lectrice et spectatrice qu’en tant qu’auteure. Depuis deux ans maintenant, l’écriture est mon métier, avec une préférence naturelle pour la littérature jeunesse. À 42 ans, il était grand temps de trouver ma voie… C’est ce que pensent aussi mon mari et nos trois enfants !

À la vue de votre bibliographie en jeunesse, vous avez plutôt touché aux histoires pour les tous petits et aux récits de vie. Comment vous est venue l’envie de vous lancer dans le policier ?

Je suis fan du genre, tant en littérature qu’en cinéma. Un genre que je n’osais pas aborder, écrasée par mes références, et puis par un matin tranquille, j’ai pris ma respiration et je me suis lancée. Le policier permet de nouer une intrigue qui capte le lecteur, certes, mais il permet aussi d’évoluer dans la psyché des personnages et de présenter un instantané du monde tel qu’il bouge. On peut y introduire de l’humour, de l’émotion, de la noirceur, bref, pour moi, c’est le genre total.

Dans « Murder Party », on sent que vous hésitez entre le récit policier et le récit romantique d’ado. Comment estimez-vous vous être sortie de ce dilemme ?

Belle question. Hum, laissez-moi réfléchir…
Oui, il y a là en effet un mélange des genres, mais à l’écriture, je ne l’ai pas vécu comme un dilemme. Je voulais écrire un policier, et j’étais tenté par le roman d’amour, résultat, j’ai marié les deux, en essayant de faire reposer l’intrigue tant sur le ressort policier que sur le ressort sentimental. Le « suspens » tient à la fois sur l’évolution de la relation Max/Marguerite et sur la résolution de leurs très gros soucis…

Les chapitres sont courts. Est-ce une intention délibérée pour « être dans l’air du temps » ou cela s’est-il imposé pour donner le rythme ?

Pour être super honnête, j’écris des chapitres courts parce que je ne sais pas faire autrement… J’ai procédé de la même manière dans mes autres romans, en tentant de considérer à chaque fois le chapitre comme un tout qui amène à une mini chute. Je serais bien en peine de faire plus long, mais c’est peut-être un axe de progrès à envisager.

Votre personnage principal est un garçon. On se demande souvent comment les auteurs se place dans la peau d’un héros de sexe opposé. Alors comment ça se passe pour vous ?

Jusqu’à présent, mes personnages principaux sont en effet des garçons, plutôt rêveurs, plutôt fragiles, à priori pas des aventuriers, sauf quand nécessité fait loi. Cela ne représente pas une difficulté, mais un mouvement naturel, peut-être même une facilité. Mon prochain roman, « Scoops au lycée », met en scène une fille, une vraie, pas une fifille, mais c’est une grande première pour moi. J’aime fictionner au masculin !

Les références à la culture « série Z » est très présente. Est-ce un univers que vous avez bien connu ou découvert à l’occasion de l’écriture de ce roman ?

J’ai comme tout le monde fréquenté le « z » à l’adolescence, mais sans plus. Dans ce roman, j’ai utilisé ces références pour m’amuser, je l’avoue, mais sans être une spécialiste, très loin s’en faut !

Reviendrez-vous au genre policier pour un prochain roman ?

Très certainement, je ne peux m’en tenir éloignée très longtemps !

Votre roman « Tim sans dragon » est sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2011. Quel effet cela fait-il ?

Un total effet de surprise ! Et aussi une grande joie ! « Tim sans dragon » est mon premier roman, ma première incursion dans la littérature jeunesse, au cœur d’un univers qui ne m’est pas familier (fantasy très soft) et je n’en reviens toujours pas de constater qu’il a trouvé un public ! Je suis très fière de lui !

Vous avez aussi écrit des histoires pour adultes. Quelles sont les différences entre l’écriture pour la jeunesse et celle pour les adultes ?

L’écriture pour adultes, essentiellement des nouvelles et des fictions radio, me permettait de donner libre court à mon côté sombre, voire obscure. La littérature jeunesse, que je ne quitte plus, m’offre la possibilité de laisser entrer la lumière, d’ouvrir grand les fenêtres même si les personnages sont confrontés à de sérieuses zones de turbulence. Cette lumière me va bien au teint, je crois ! Sur un plan technique, je ne fais aucune différence, j’écris pour qui me lira, c’est tout.

Avez-vous un genre de prédilection en écriture ?

Non, j’aime aborder tous les genres, même ceux que je connais mal, parce ce que c’est justement l’occasion de découvrir du nouveau, ce qui me semble être le sel de la vie. En revanche, je n’écrirai sans doute jamais de roman historique, je n’aurais jamais la patience de me documenter, cela demande une rigueur que je suis très loin de posséder.

Quelles sont vos références littéraires, musicales, cinématographiques et autres ?

En littérature, j’ai une nette préférence pour les anglo-saxons, et une grande faiblesse pour le polar. Quelques auteurs très chers à mon cœur : Bill James, James Ellroy, Charles Willeford, John Harvey, Ian Rankin… Hors polar, j’adore Richard Russo et en particulier « Un homme presque parfait », si drôle et si tendre. En littérature jeunesse, ma star, c’est Marie-Aude Murail.
En musique : jazzzzzz ! Miles Davis, bien sûr, mais aussi Avishaï Cohen, Daniel Mile, Alboran Trio, Brad Mehldau, E.S.T… J’aime énormément par ailleurs une chanteuse islandaise, Emiliana Torrini, plus mélodieuse que Bjork, mais toute déjantée elle aussi. And last but not least, j’aime Dominique A, Dick Annegarn et Mathieu Bogaert.
Cinéma : Aïe, tant de choses. J’ai une passion pour Audrey Hepburn et Cary Grant, les films de Capra et de Lubitsch, Mankiewitz, Stanley Donen, Hitch’. Plus près de nous, mon number one incontesté, c’est James Gray, chacun de ses films m’éblouit. Et puis, au top, « Le limier », de Mankiewicz, introuvable en DVD, hélas. Un chef d’œuvre de perversité et de suspens.
Une autre référence : les séries télé, et la plus belle d’entre elles, « Six feet under », inoubliable. Et aussi « Les Soprano », « The West Wing »
Je dois reconnaître qu’il n’y a que très peu de Français dans la liste, mais j’assume.

Où aimez-vous travailler ?

Dans mon bureau, sous les toits.

Avez-vous une méthode de travail particulière ?

Non. J’avance dans mon intrigue, et après on voit ! Je travaille plusieurs heures par jour, avec plus ou moins de bonheur, au rythme de 1 à 3 chapitres par jour.

Avez-vous un objet fétiche ?

Non.

Avez-vous un rituel avant de commencer un livre ? Pendant l’écriture ? Après l’avoir terminé ?

Pas de rituel avant, mais une fois l’écriture du premier jet terminée, un nombre incroyable de relectures et corrections.

Auriez-vous quelques conseils à donner à un aspirant-écrivain ?

Se poser le moins de questions possible, avancer chaque jour, ne pas se prendre au sérieux, savoir entendre critiques et avis négatifs, accepter les refus, ne pas se décourager, mener son idée jusqu’au bout, ne jamais abandonner.
Se choisir un petit mantra réconfortant, le mien c’est « Haut les cœurs ! »

Quel est votre futur éditorial ?

Mon prochain roman sort le 15 mai, il s’intitule « Scoops au lycée », édité par Rageot. Ce sont les tribulations d’une fille qui devient journaliste dans son collège, et qui va aller d’enquêtes en découvertes, jusqu’à lever le voile involontairement sur un grand secret qui jusque là assombrissait sa vie. Sacré secret !

Merci beaucoup Agnès.


Michael Espinosa
7 mai 2010






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