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Hush, Hush
Becca Fitzpatrick
Le Masque, MSK, roman, traduit de l’anglais (États-Unis), suspense fantastique, 352 pages, mars 2010, 17€

A Portland, Nora, une adolescente sans histoire, se retrouve dans la classe du ténébreux Patch, qui a la particularité d’avoir deux énormes cicatrices sur le dos. Contrairement à toutes ses amies, elle ne craque pas pour le beau Patch, mais ne cesse de le retrouver sur sa route.

Or une autre silhouette plus inquiétante rôde, une silhouette masquée…

Patch est-il une menace ou un ange gardien ?



L’avis de Thomas Bauduret :

Bien sûr, il est difficile de juger ce roman lorsqu’on ne fait pas partie du « cœur de cible », comme on dit en marketing. Il serait également vain de citer les inévitables « Twilight » : de par son mélange de suspense et de fantastique, le texte rappelle plutôt l’agréable série de Laurie Faria Stolarz, chez Wiz (« Blanc Fantôme », etc).

Au moins, pour de la littérature ado, ceux-ci ne sont pas traités comme des crétins décérébrés nourris à MTV : la narratrice est vivante et crédible et même particulièrement débrouillarde, ce qui facilite l’identification, même si certaines réactions sentent l’artifice scénaristique. L’écriture est simple mais efficace et instaure même une recherche d’atmosphère inhabituelle.

Bien sûr, il s’agit d’une « installation », toujours en termes de marketing, mais les révélations successives s’enchaînent naturellement, sans lourds pavés explicatifs ni expositions fastidieuses. En fait, le principal reproche qu’on peut faire au récit est de griller sa thématique dès le début en faisant implicitement référence aux anges déchus : le thème des Néphilim a été fort (et mal) exploité ces derniers temps, notamment par Hollywood, ce qui risque de tirer le roman vers le bas.
De plus, comme une bonne partie du suspense repose sur la nature de Patch (et, on présume, de l’héroïne), il est dommage que celle-ci soit éventée.
On pourra aussi s’interroger sur l’intérêt de garder le titre anglais (NDLR : hush = chut), d’autant qu’il n’a pas de référent précis dans l’histoire proprement dite (et que la traduction est irréprochable par ailleurs).

Simple scorie pour ce « Hush, Hush » de Becca Fitzpatrick qui n’est certes pas le roman du siècle, mais offre deux ou trois heures de bon divertissement.
Que demander de plus ?

L’avis de Emy Barras :

Ce livre m’a plu au premier regard, la couverture est vraiment belle, elle en dit beaucoup et en même temps pas assez. Et pourquoi ce titre : « Hush Hush » ?
Ensuite, ce livre parle d’anges déchus et de combat séculaire et pour l’instant je n’avais pas d’histoire de ce genre dans ma bibliothèque. Et ce nom, Patch, d’où il sort ? Heureusement que l’auteure a pensé à nous donner une explication.
Pour ce qui est du fond de l’histoire, il n’y a rien d’extraordinaire. Une adolescente se sent irrésistiblement attirée par un jeune homme qui restait jusque là bien discret. Quelque chose chez lui l’envoûte mais la fait également hésiter, presque fuir. Et alors que sa vie est mise en danger, lui y entre pour tenter de la protéger… Bref rien de sensationnel ou de complètement novateur.

En ce qui concerne la forme, le style est fluide et résolument jeune. Les dialogues s’enchaînent sans que l’on voie les pages défiler. Le petit jeu de séduction entre Nora et Patch est très intéressant à observer et la personnalité de Patch plus qu’intrigante. Ayant tous les deux un esprit vif, les conversations sont palpitantes, et le cynisme et la répartie de Patch donnent à ce livre un réel envol. L’histoire avance sur la base des dialogues entre Nora et Patch et Nora et Vee. D’ailleurs ces dialogues permettent de mieux se repérer dans le récit car l’histoire est parfois brouillonne.

L’auteure a choisi de ne faire démarrer l’intrigue qu’à la moitié du livre, même si on ne s’ennuie pas dans les premiers chapitres, la suite de l’histoire s’enchaîne trop rapidement à mon goût. Mais Becca Fitzpatrick à su ménager le suspense. Il est en effet nécessaire d’attendre le dernier chapitre pour tout saisir de cette histoire d’Anges déchus, d’espèces hybrides : les Néphilim.

Il n’en reste pas moins que je me suis plongée dans cette histoire, au point de ne pas me rendre compte du temps qui défilait, ce qui pour moi est finalement le signe d’une bonne histoire. En plus de cela, la fin étant assez abrupte, on est heureux de savoir que l’auteure nous gratifiera d’un second tome. Il portera le nom de « Crescendo », mais pour l’instant pas de date de sortie prévue en France.


Titre : Hush, Hush (Id, 2009)
Auteur : Becca Fitzpatrick
Traduction de l’anglais : Marie Cambolieu
Couverture : James Porto
Éditeur : Éditions du Masque
Collection : MSK
Site internet : site éditeur, une critique sur un blog, une bande-annonce
Pages : 352
Format (en cm) : 15 x 22
Dépôt légal : mars 2009
ISBN : 9782702434543
Prix : 17 €



Thomas Bauduret
Emy Barras
10 août 2010






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